Macron dénonce la "boîte à folie" des "polémiques inutiles" — Pétain

Xavier Trudeau
Novembre 10, 2018

Emmanuel Macron a défendu avec force sa politique économique jeudi dans une usine Renault près de Maubeuge, où un ouvrier protestataire, hué par les autres, lui a crié qu'il n'était "pas le bienvenu".

Jeudi, Emmanuel Macron déjeunera à Maubeuge - où La France insoumise a prévu une manifestation - puis passera l'après-midi à Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), site de la plus grande nécropole militaire française où reposent 22.000 combattants.

Au cinquième jour de son "itinérance mémorielle", le chef de l'Etat a dû s'expliquer à nouveau sur la controverse suscitée par ses propos sur le maréchal Pétain.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a enfoncé le clou jeudi: "Il n'y a pas de polémique, il est évidemment hors de question de rendre" un tel hommage, malgré le "rôle" de Pétain dans la Grande Guerre. Il a également visité l'Anneau de la Mémoire, où sont gravés les noms de 580.000 soldats morts, sans distinction de nationalité. "Ca me semble banal", a déclaré à l'AFP le cofondateur du FN, devenu RN.

Pour répondre aux accusations d'"infamie", l'Élysée a d'abord réagi par un communiqué affirmant que le chef d'état-major du président irait, samedi, "fleurir la tombe des cinq maréchaux qui sont aux Invalides, où il n'y a pas Pétain". Depuis le début de la semaine, le président fait le grand écart entre les sujets mémoriels et les dossiers d'actualité, comme la hausse des prix du carburant. Soit une partie de l'enveloppe de 1,4 milliard d'euros d'investissement promise par le groupe Renault pour la France pour les véhicules électriques et utilitaires. La visite à l'usine Renault, qui emploie 2.200 personnes, n'a pas dérogé à cette règle. "On a trouvé la formule", s'est d'ailleurs réjoui le président de la République auprès de ses proches à l'issue de six jours de déplacement dans le nord et l'est de la France à l'occasion de la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. "On réussit sans vous", a rétorqué le syndicaliste, sifflé par nombre de ses collègues qui ont applaudi le président. "C'est pas grâce à vous", lui a lancé son interlocuteur. "Venez-là Monsieur! Je vous écoute alors il faut que vous aillez la courtoisie de m'écouter", a alors répond le chef de l'Etat.

Ce voyage permet au chef de l'État, au plus bas dans les sondages - 27 % d'opinions positives selon la dernière enquête Elabe, publiée jeudi -, de multiplier les bains de foule, son exercice de communication favori. Il est confronté chaque jour à des expressions de colère, contre le faible montant des retraites ou la cherté des carburants, à une semaine d'un appel à bloquer les routes le 17 novembre.

Alors que des médias ont évoqué un chemin de croix, Macron a, en réponse à un journaliste, parlé du "bonheur" que lui procure ce périple. "Je capte plein de choses, de messages, d'enseignements, je vois ce qui fonctionne, ce qui n'est pas compris, ce qui ne va pas assez vite dans ce qui est décidé".

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