Macron encore "au contact" des Français avant un week-end très international

Claudine Rigal
Novembre 12, 2018

Après un entretien bilatéral et un déjeuner à la mairie d'Albert, dont rien n'a filtré, Emmanuel Macron et Theresa May se sont rendus à Thiepval où ils ont déposé une gerbe commune au pied de l'autel du mémorial britannique avant de faire quelques pas dans la nécropole franco-britannique.

Emmanuel Macron a ensuite poursuivi son périple à l'Historial de Péronne puis conclu une table ronde avec des historiens de la Grande Guerre.

Chaque jour, dans les bains de foule qu'il affectionne, il est confronté à des expressions de colère, contre le faible montant des retraites ou la cherté des carburants, à une semaine d'un appel à bloquer les routes le 17 novembre. "Vous n'habitez pas loin?" "On explique que le parcours du Président aurait été perturbé par l'expression des colères, mais cette itinérance était faite pour ça".

"Je ne suis pas tout là-haut, je suis avec vous, je veux que le pays s'en sorte".

La rencontre avec Mme May a offert un avant-goût d'un week-end de commémorations de l'Armistice en présence d'une soixantaine de dirigeants mondiaux, dont Donald Trump, attendu vendredi soir à Paris.

Samedi matin, il recevra le président américain Donald Trump à l'Elysée, avant de retrouver Angela Merkel dans l'après-midi dans la "clairière de l'Armistice", à Rethondes dans la forêt de Compiègne, où fut aussi signé en 1940 par Hitler la capitulation de la France.

Avec cette visite, la longue "itinérance mémorielle" du président dans le Nord et l'Est de la France, au programme souvent malmené par les interpellations des Français rencontrés, reprend une dimension internationale et diplomatique qui culminera dimanche avec l'accueil de dizaines de chefs d'Etat étrangers à Paris.

Enfin dimanche 11 novembre, point culminant du Centenaire, aura lieu le Forum de Paris sur la paix, dans la Grande Halle de la Villette, afin de " rappeler la nécessité de défendre et renforcer le multilatéralisme mondial ". Il rassemblera de nombreux acteurs de la gouvernance mondiale - États, organisations internationales, ONG, entreprises, syndicats, groupes religieux -, mais pas Donald Trump.

Tout au long de la semaine, le périple entamé dimanche par Emmanuel Macron dans le Grand Est sur les traces de la Grande Guerre a été émaillé de nombreux contacts avec la population, virant parfois à l'invective abondamment relayée par les chaînes d'information en direct et les réseaux sociaux. "Je sais contre qui j'étais au second tour", a-t-il déclaré aux clients du Café de la Place, où il s'était déjà rendu pendant la dernière campagne présidentielle.

Cette ville de 13.000 habitants avait voté au second tour de l'élection présidentielle de 2017 à 59,2% pour Marine Le Pen, la candidate du Front national (FN, devenu Rassemblement national depuis).

Un peu plus tôt, à la sortie d'un centre social, M. Macron était monté au sommet d'un ancien terril à Loos-en-Gohelle, pour assurer qu'il avait senti une crise morale "très profonde" dans le pays, et "ses divisions, ses peurs, qu'elles soient économiques, sociales ou plus identitaires".

Mais son annonce dans la matinée d'une "baisse drastique" du coût du permis de conduire a été accueillie avec "inquiétude" par les professionnels de l'éducation routière.

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