Manœuvres de l'Otan : la Russie va répondre par des tests de missiles

Claudine Rigal
Novembre 2, 2018

L'OTAN et la Russie vont se concerter mercredi à Bruxelles pour tenter d'éviter une nouvelle course aux armements en Europe après la décision des Etats-Unis de se retirer d'un traité sur les armes nucléaires conclu pendant la Guerre froide.

A quelques centaines de kilomètres de la frontière russo-norvégienne dans le Grand Nord, ces manœuvres visent à tester la capacité de l'Alliance atlantique à venir à la rescousse d'un de ses membres agressé par un autre État. Cette opération mobilise 50 000 soldats, 10 000 véhicules, 65 navires et 31 pays dans l'ouest de la Norvège.

"Malgré des tentatives assez maladroites de la part des représentants de l'Alliance et des États-membres visant à présenter cette activité militaire comme défensive, il est évident que cette démonstration de force est de nature clairement antirusse", s'est insurgée la diplomatie russe.

Les forces armées russes ont annoncé leur intention d'effectuer des exercices de tir dans une zone maritime qui couvre en partie celle ou s'exerce l'Otan.

La Russie a envoyé un message aux navigants aériens (Notam) pour les informer de ces tirs prévus du 1er au 3 novembre en mer de Norvège, a confirmé Avinor, l'agence publique en charge des aéroports norvégiens.

Un porte-parole d'Avinor, Erik Lødding, a indiqué que ce genre de notifications en pleine zone d'exercice n'était à sa connaissance "pas très fréquent" mais qu'"il n'y a rien de dramatique".

"Cela ne changera pas nos plans", a de son côté assuré M. Stoltenberg.

Les tensions provoquées par les manœuvres menées par L'OTAN en Norvège seront la toile de fonds de la réunion.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a déploré que la Russie n'ait pas répondu aux préoccupations exprimées par l'Otan sur son nouveau système de missiles 9M729 ou SSC-8, ajoute le communiqué. Les Russes "respectent les règles et ils peuvent s'entraîner comme ils le souhaitent". L'Otan avait alors suspendu sa coopération pratique, tant militaire que civile, avec Moscou, mais en proposant de maintenir le dialogue politique par le biais du COR au niveau des ambassadeurs.

Conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique basée à Paris, François Heisbourg a quant à lui questionné la pertinence d'une interférence russe dans Trident Juncture.

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