Meurtre de Khashoggi : la Turquie met en doute la version saoudienne

Claudine Rigal
Novembre 15, 2018

D'après le porte-parole du parquet, Jamal Khashoggi, éditorialiste critique du pouvoir, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, a été tué après avoir été drogué au consulat de son pays à Istanbul, où il a été démembré par cinq responsables saoudiens. Le puissant prince n'avait aucune connaissance du dossier, a assuré le porte-parole du procureur général, en réponse à une question d'un journaliste. Il a requis la peine capitale pour cinq d'entre elles, d'après la même source, sans rendre publique leur identité.

Le chef du groupe qui devait ramener Jamal Khashoggi en Arabie saoudite avait ordonné de tuer le journaliste en cas d'échec de l'opération, a déclaré le procureur général d'Arabie saoudite lors d'un point presse. "Mais en réalité, ce meurtre, comme nous l'avons déjà dit, a été planifié à l'avance", a réagi Mevlüt Cavusoglu. Ce quotidien a déjà publié en octobre dernier les séquences montrant les visages des quinze présumés tueurs qui entraient dans le consulat le matin de l'assassinat du journaliste.

Les États-Unis de Donald Trump, qui ont d'abord tenté de ménager leur allié saoudien, avaient fini ces derniers jours par durcir le ton, tout comme les autres pays occidentaux ayant des liens étroits avec la monarchie.

Un conseiller du président Erdogan, Yasin Aktay, avait ensuite affirmé que "la raison pour laquelle ils ont découpé le corps" était "pour le dissoudre plus facilement".

Avant de reconnaître que Khashoggi avait été tué, les autorités saoudiennes avaient démenti dans un premier temps sa mort, affirmant qu'il était entré au consulat et en était ressorti peu après.

" Ils ont écouté les conversations qui ont eu lieu ici".

Elle a aussi affaibli la diplomatie saoudienne, Riyad étant sur la défensive notamment au Yémen, où son intervention militaire a fait de nombreuses victimes civiles.

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