" "Moscou fustige une " politisation inadmissible " — Présidence d'Interpol

Claudine Rigal
Novembre 21, 2018

L'assemblée générale de l'organisation internationale de la police criminelle, dont le siège est à Lyon, doit désigner mercredi le successeur du Chinois Meng Hongwei, arrêté dans son pays en septembre dans le cadre d'une enquête pour corruption.

"Il s'agit d'une forme d'ingérence [dans] les élections d'une organisation internationale", a fait savoir ce 20 novembre Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Selon le quotidien britannique The Times, "les responsables britanniques s'attendent à ce qu'Alexandre Prokoptchouk, 56 ans, un vétéran du ministère russe de l'Intérieur, soit élu président d'Interpol".

"Nous encourageons toutes les nations et organisations faisant partie d'Interpol et respectant l'Etat de droit à choisir un chef intègre".

" Je crains sérieusement que si M. Prokoptchouk est élu président d'Interpol, alors, sur ordre du Kremlin, il sera prêt à faire absolument n'importe quoi", a déclaré M. Khodorkovski.

Bien que le poste de président soit plus honorifique qu'opérationnel, l'information a fait bondir les critiques du Kremlin qui craignent que cette organisation internationale ne devienne un outil au service de la Russie.

Lundi, quatre sénateurs américains ont publié un communiqué demandant au président Donald Trump de s'opposer à la candidature de Prokoptchouk.

"Les événements récents ont montré que le gouvernement russe abusait des procédures d'Interpol pour harceler ses opposants politiques", a appuyé mardi sur Twitter le porte-parole du Conseil national de sécurité américain Garrett Marquis.

LONDRES | Le financier britannique William Browder et l'opposant russe en exil Mikhaïl Khodorkovski ont annoncé mardi à Londres leur intention d'entamer une procédure pour faire " suspendre " la Russie d'Interpol, qui est en train d'élire son nouveau président. Notre équipe a souffert d'abus d'Interpol à cause de persécutions politiques par la Russie. "Je ne pense pas qu'un président russe aidera à réduire ces violations ".

L'Ukraine et la Lituanie ont pour leur part menacé de se retirer d'Interpol en cas d'élection d'Alexandre Prokoptchouk. Un ancien général russe est pressenti pour prendre la tête de l'organisation, ce qui a fait réagir des sénateurs américains.

Le ministère russe de l'Intérieur a par ailleurs souligné son "expérience" et qualifié les réactions d'hostilité à sa candidature de "politisation inadmissible". "Celui-ci est jusqu'à l'année prochaine l'Allemand Jürgen Stock, qui rappelait début novembre que le poste de président est " essentiellement honorifique ". Selon eux, la Russie "utilise régulièrement Interpol pour régler ses comptes et attaquer des opposants politiques, des dissidents et des journalistes", et M.Prokopchuk aurait personnellement participé à la "stratégie d'intimidation" visant à "affaiblir les institutions démocratiques et à renforcer le régime autoritaire de [Vladimir] Poutine". "Cela crée des problèmes [aux personnes placées sur notice rouge, NDLR], elles sont arrêtées à la frontière, elles perdent quelques jours", a-t-il encore dit à l'AFP.

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