Murielle Bolle sort de son silence — Affaire Gregory

Pierre Vaugeois
Novembre 4, 2018

Bernard Laroche avait été incarcéré puis relâché, avant d'être tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, en 1985. "Si je savais quelque chose, je le dirai" assure-t-elle.

Dans une interview au "Parisien" publiée dimanche, Murielle Bolle maintient sa version sur la mort de Grégory Villemin en 1984. Je suis maman, mamie maintenant, donc je comprends. Selon elle, aucun doute possible, Bernard Laroche se trouvait bel et bien chez sa tante et ne peut donc pas être le meurtrier.

Cet entretien exceptionnel est à retrouver dans le JT de 20 Heures ce 4 novembre, puis en intégralité sur LCI à 20H30.

"Bernard ne faisait de mal à personne". Si je n'avais pas eu peur de la pression des gendarmes, de leurs menaces, et que je n'avais pas dit ce que j'avais dit, peut-être qu'il serait encore vivant. Parce que c'est un crime horrible. Mais, ajoute-t-elle, "s'il y a un procès, je me battrai".

"J'ai du mal à trouver du travail". Murielle Bolle revient également sur l'impact de l'affaire sur son parcours personnel. Du haut de ses 15 ans, Murielle Bolle avait livré, quatre jours plus tôt, un témoignage à charge contre son beau-frère, Bernard Laroche, faisant basculer l'enquête, 17 jours après la découverte du corps de Grégory Villemin. "J'ai subi la plus longue garde à vue de l'histoire: elle a débuté en 1984 pour s'achever 33 ans plus tard (.) J'ai dû abandonner mon rêve professionnel de devenir pâtissière".

Libérée de prison le 4 août 2017 après cinq semaines de détention suite à sa mise en examen le 29 juin pour enlèvement suivi de mort, Murielle Bolle dit avoir "été insultée par les autres détenues qui me traitaient de tueuses d'enfant".

Dans la famille de Murielle Bolle, on évite au maximum d'évoquer ce dramatique épisode: "Avec Marie-Ange (sa soeur, compagne de Bernard Laroche au moment de son décès, ndlr), nos relations n'ont plus jamais été les mêmes". "J'ai tenté de sortir une fois dans la cour mais j'ai reçu des projectiles", décrit-elle encore. J'espère qu'on va enfin me croire", lance-t-elle, comme un appel: " la justice, les parents de Grégory et l'opinion publique à laquelle j'ai été jetée en pâture.

Mme Bolle avait été mise en examen en juin 2017 pour le rapt mortel de l'enfant, comme le couple Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory. "Il y a eu tellement d'erreurs dans cette affaire.Mais j'espère qu'on connaîtra la vérité", confie-t-elle au Parisien.

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