Nantes : "oubliées" du plan santé, les infirmières se mobilisent et manifestent

Evrard Martin
Novembre 21, 2018

"Nous sommes les oubliées du Plan Santé 2022", affirment les manifestantes qui détaillent le mal-être de la profession: "Des compétences qui ne sont pas reconnues, des conditions de travail dégradées, des pressions administratives qui se durcissent".

Un rassemblement est prévu sous ses fenêtres du Ministère de la Santé à Paris à 14h00, comme une vingtaine d'autres en régions, pour réclamer une meilleure "reconnaissance", des revalorisations, plus d'autonomie ou d'effectifs.

Qu'ils soient libéraux, salariés de l'hôpital, qu'ils exercent dans les écoles ou dans les blocs opératoires, les infirmiers (des femmes à plus de 80%) partagent tous le même sentiment: celui d'"une profession laissée pour compte", a résumé le vice-président de la Fédération nationale des infirmiers (libéraux), Daniel Guillerm, cité par l'AFP. La colère des infirmières pourrait-elle rejoindre celle des gilets jaunes?

Ce n'est pas la hausse des prix du carburant qui a provoqué la colère des organisations syndicales, mais la déception née de la présentation du plan santé en septembre par le président Emmanuel Macron, un catalogue de mesures "décidées autour des seuls médecins", a estimé M. Guillerm.

En particulier, la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux", à mi-chemin entre la secrétaire et l'aide-soignante, "a mis le feu au poudre", a rappelé son homologue du Sniil (libéraux), John Pinte. "Alors qu'on asphyxie les hôpitaux avec toujours plus de demandes d'économies, que des services ou des lits ferment chaque année, on crée un nouveau métier qui coûte 200 millions d'euros, financés par l'assurance maladie", s'insurge Thierry Amouroux, du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) CFE-CGC.

Grandes "oubliées" du plan santé, les infirmières se mobilisent mardi partout en France.

Alors que les négociations avec l'Assurance Maladie doivent reprendre le 4 décembre, les infirmières libérales au nombre de 104 000 en France, pourraient être les plus mobilisées ce mardi, selon les syndicats.

"La seule préoccupation du gouvernement c'est la désertification médicale".

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