Pétrole: les barils se cherchent un plancher

Xavier Trudeau
Novembre 15, 2018

L'Opep et ses alliés discutent d'une proposition de baisse de la production pouvant aller jusqu'à 1,4 million de barils par jour (bpj) pour 2019 afin d'éviter un excédent d'offre qui pèserait sur les cours, rapportent trois sources proches du dossier.

Les prix du pétrole divergeaient jeudi en cours d'échanges européens, alors que les données hebdomadaires sur les réserves américaines pourraient éclairer un marché qui redoute une surabondance de l'offre dans les mois à venir.

Le rapport note que les pays du monde entier augmentent rapidement leur part d'énergie solaire photovoltaïque et éolienne et nécessiteront des réformes du marché, des investissements dans les réseaux, ainsi que l'amélioration des technologies de réponse à la demande, telles que les compteurs intelligents et les technologies de stockage de batteries.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de " light sweet crude " pour le contrat de décembre a cédé 4,24 dollars, à 55,69 dollars, sa plus forte chute en une séance depuis septembre 2015. C'est un ensemble de raisons fondamentales qui agit à la baisse sur le cours de l'or noir, notamment le ralentissement de la croissance économique avéré au sein de la Zone Euro et en Chine, abaissant les perspectives de la demande, ainsi que la hausse conjointe de la production de nombreux pays de l'OPEP et des Etats-Unis sur les derniers mois. "On a une combinaison toxique, l'affaiblissement de la demande mondiale et un excès d'offre, qui fait s'effondrer les cours", a expliqué Stephen Innes, analyste chez Oanda, repris par des sites spécialisés.

Les experts de Goldman Sachs pensent que "ce qui a commencé avec un sentiment d'aversion au risque pour tous les marchés a été exacerbé pour le pétrole par les exemptions accordées aux importateurs de pétrole iranien". En accordant des dérogations à certains clients de l'Iran, les Etats-Unis ont provoqué une suroffre imprévue, pendant que les autres producteurs pompaient plus pour compenser cette perte.

L'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis ont en effet augmenté leur production en octobre, sous la pression des Etats-Unis, pour faire face à un retour des sanctions américaines contre l'Iran début novembre. "Si l'Opep ne réduit pas sa production, nous allons vers une nouvelle hausse des réserves mondiales en 2019", a résumé Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, dans des propos repris par l'APS. Cette stratégie pourrait être arrêtée lors de la prochaine réunion de l'Opep prévue le 6 décembre à Vienne. C'est une semaine folle qui s'annonce pour les marchés pétroliers.

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