Près de 80 élèves enlevés dans une école du Nord-Ouest — Cameroun

Claudine Rigal
Novembre 8, 2018

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, a déclaré à l'AFP ce 5 novembre que 79 élèves et trois encadreurs de la Presbyterian Secondary School de Bamenda (capitale régionale du Nord-Ouest) avaient été enlevés. "Les recherches pour retrouver les otages ont été lancées, la mobilisation est totale". D'après une autre source proche de l'établissement, les " élèves enlevés seraient essentiellement des garçons ".

Soixante-dix-neuf élèves ont été enlevés ce lundi, à la veille de la prestation de serment du président Paul Biya, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, le plus important kidnapping dans cette zone anglophone depuis le début du conflit avec des séparatistes armés.

Les autorités, qui refusent le dialogue avec les séparatistes qu'elles qualifient de " terroristes", ont procédé depuis début 2018 à un important déploiement de forces de sécurité pour " rétablir l'ordre ". Elle s'est transformée fin 2017 en conflit armé.

Des affrontements se produisent ainsi quasiment tous les jours dans la forêt équatoriale depuis plusieurs mois.

Les séparatistes ont décrété un boycottage des établissements scolaires, estimant que le système scolaire francophone marginalise les étudiants de la minorité anglophone du pays.

D'après nos informations les otages ont été libérés grâce à l'intervention de l'armée Camerounaise 24 heures après la prestation de serment du président Biya qui a demandé aux séparatistes dans son discours inaugural de mandat, "de déposer les armes". Mi-octobre, six élèves avaient été enlevés dans une attaque de lycée à Bamenda, selon des sources concordantes. Le jour de la rentrée scolaire début septembre, un directeur d'école avait été assassiné, un professeur mutilé et plusieurs lycées attaqués.

Le 30 octobre dernier le véhicule d'un pasteur américain de 44 ans avait été pris pour cible dans les échanges de tirs à Bamenda.

Pour le chef d'État Camerounais, " les séparatistes mènent un combat sans issue", dans lequel s'ils persistent ils auront à répondre aux institutions judiciaires ou feront face aux forces de défense et de sécurité. Dans la zone, plus de 300 000 personnes ont fui les violences, pour la grande majorité en brousse et dans les grandes villes des régions voisines.

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