Référendum en Nouvelle-Calédonie: dépouillement en cours

Xavier Trudeau
Novembre 4, 2018

Le président de la République fera une déclaration télévisée depuis l'Elysée, a précisé la présidence, alors que la Nouvelle-Calédonie doit décider dimanche si elle reste française ou devient indépendante.

Ce référendum, qui vient ponctuer 30 ans de décolonisation progressive, est attentivement surveillé par Paris, mais aussi par les voisins du Pacifique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le champion du monde de football, né en 1970 sur l'île de Lifou, suit de près la situation de l'archipel dont les habitants sont appelés à se prononcer pour ou contre l'indépendance lors d'un référendum, dimanche 4 novembre.

Descendant d'un "travailleur engagé", venu du Vietnam dans les années 1930 pour aider à l'édification de la colonie, Joseph Bui affirme, dans le même registre, "être venu voter pour rester dans la France, parce que les indépendantistes ne sont pas prêts". "La campagne a été très calme, le référendum ne suscite pas d'engouement, les enjeux se sont banalisés", notamment parce que "les Calédoniens pensent que cela ne va pas changer leur quotidien", mais aussi parce que les sondages prédisent une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%.

A la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire, c'est une fierté de porter nos couleurs", dit-il.

A l'école Gustave-Mouchet, dans le quartier populaire de Montravel, la population, à majorité kanak, a fait aussi la queue: "C'est un geste symbolique", explique Alain, 46 ans, qui travaille à la Société Le Nickel (SLN), plus grand employeur privé de Nouvelle-Calédonie.

Pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui arrive sur le Caillou dès le lendemain du scrutin, ce référendum marque "le début de la Nouvelle-Calédonie qui veut construire un avenir". "C'est le premier vote qui va définir vraiment le pays".

Trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France, Calédonie ensemble (droite modérée), le Rassemblement LR et les Républicains calédoniens. "J'espère que le oui va l'emporter". Les accords de Matignon, consolidés par les accords de Nouméa ont conduit à ce référendum. Mais ils entendent continuer à dialoguer avec les Kanak et l'Etat. Echec scolaire, chômage élevé, habitat précaire.

Une partie de la jeunesse kanake, marginalisée, a sombré dans la délinquance. La vente d'alcool dans les commerces a été interdite ce week-end, les effectifs de gendarmerie ont été renforcés et la prison de Nouméa, a renforcé sa capacité d'accueil.

Les états-majors politiques ont recommandé la discrétion à leurs militants.

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