Trump devra cohabiter avec les Démocrates

Claudine Rigal
Novembre 8, 2018

Au Sénat, la majorité républicaine devrait passer de 51 à 53 sièges, sur 100.

Ce n'est pas une femme qui siège à la Maison Blanche dans le bureau ovale, mais le sexe faible s'est imposé lors des élections de mi-mandat.

Ces résultats semblent valider la stratégie sans complexe adoptée par Trump ces dernières semaines: enchaîner les meetings dans des bastions républicains et jouer sur la colère et les peurs: du risque de destitution à l'arrivée de la "caravane" de migrants venue d'Amérique centrale. Faut-il s'attendre à une cohabitation explosive entre démocrates et républicains? "Les disparités hommes-femmes sont immenses et vont dans le sens des Démocrates", écrivait NPR avant les élections. "Les électeurs indépendants penchent majoritairement pour les Démocrates, et ces derniers ont récolté beaucoup d'argent." . Ajoutez à cela un président impopulaire et conserver la chambre devenait très compliqué pour le parti au pouvoir. "Il s'agit vraiment d'une vague bleue", analyse Olivier Richomme, maître de conférence en civilisation américaine à l'Université Lumières Lyon II.

La validation du président n'en est pas moins fortement entamée par le renversement de sa majorité à la Chambre des représentants.

Cela n'empêchera sans doute pas la Chambre de lancer des enquêtes sur l'interférence russe dans l'élection présidentielle, sur l'utilisation de fonds publics par des membres du gouvernement dans leurs activités privées, les conflits d'intérêts éventuels de Donald Trump et des membres de sa famille et de demander au président la publication de ses déclarations d'impôt.

Mais au cours des deux prochaines années, leur élection n'est pas vraiment significative.

"Je pourrais virer tout le monde, là, maintenant, mais je ne veux pas y mettre fin parce que politiquement je n'en ai pas envie", a déclaré le locataire de la Maison Blanche, qui dénonce à l'envi une "chasse aux sorcières" orchestrée par l'opposition démocrate. En revanche, favorisés par une carte électorale avantageuse, ils consolident leur avance au Sénat.

Au Congrès américain, c'est le Sénat qui est prééminent et qui a le dernier mot lors du vote des lois.

Or, les Démocrates détenaient déjà vingt-six de ces sièges (ou plus précisément vingt-quatre, plus deux indépendants).

Les républicains obtiennent 3 sièges de plus. Car remporter la Chambre ne permet pas de faire émerger des leaders, et surtout pas des représentants locaux. "Les États plus petits ont aussi tendance à être plus ruraux, et à favoriser les Républicains".

Les démocrates ont perdu l'une des courses les plus scrutées pour l'un des 36 sièges de gouverneurs: le duel entre le démocrate Andrew Gillum, premier candidat noir à ce poste en Floride, et le républicain Ron DeSantis, un partisan déclaré du président Trump.

Excédé, peinant à retenir sa colère, Trump, qui a passé la soirée de mardi retranché avec quelques amis et conseillers, s'est largement attribué la performance des républicains au Sénat, mais s'est exempté de toute responsabilité personnelle dans leur défaite à la Chambre.

Les militants démocrates réunis dans la salle de bal d'un grand hôtel de Berkeley Heights, une petite ville du New Jersey dans la banlieue de New York, espéraient pouvoir célébrer un triomphe de leur parti rapidement mardi.

"Si les démocrates pensent qu'ils pourront gâcher l'argent du contribuable à enquêter sur nous à la Chambre, alors nous serons probablement forcés d'envisager d'enquêter sur eux pour toutes les fuites d'informations classées, et plein d'autres choses, au Sénat".

À l'inverse, seul un Républicain défendait son siège dans un État remporté par Hillary Clinton, deux ans plus tôt: Dean Heller dans le Nevada.

C'est le cas du conservateur Mike Braun, qui a battu Joe Donnelly, le Sénateur démocrate sortant.

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