Un motard décède en marge de la mobilisation des Gilets jaunes — Drôme

Xavier Trudeau
Novembre 21, 2018

Alors que de nombreux points de rassemblements, péages, stations-service, entrées des autoroutes ou centres commerciaux avaient été évacués dans la matinée par les forces de l'ordre, certains "gilets jaunes" - référence aux vestes réfléchissantes que tout automobiliste doit détenir dans son véhicule afin de se rendre visible en cas d'accident - ont réinvesti les lieux l'après-midi. Les forces de l'ordre ont débloqué la barrière de péage à 9h.

D'abord attentiste au début des actions, l'exécutif a adopté lundi un ton de fermeté après la multiplication d'incidents.

Le motard, blessé dans un premier temps, est décédé ce mardi.

Dans un pays où le taux de chômage ne reflue toujours pas, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a, lui, vu le mouvement des "gilets jaunes" à l'aune d'une "déchirure territoriale" et assuré que "la vraie réponse (était) l'emploi pour tous" et non de baisser le prix des carburants "d'un ou deux centimes".

Les mobilisations s'étaient poursuivies lundi, pour la troisième journée consécutive de blocage, quelque 27.000 manifestants se rassemblant selon un comptage du ministère de l'Intérieur sur 350 points de blocage, ciblant principalement des autoroutes mais aussi des dépôts pétroliers. Elles étaient 290 000 samedi.

Les actions ont parfois donné lieu à des violences et dégradations. Dix-neuf personnes ont été interpellées, selon la préfecture, qui a demandé des renforts à Paris.

Plusieurs dépôts pétroliers sont par ailleurs désormais ciblés, notamment à Port-la-Nouvelle et à Frontignan, à Portes-lès-Valence ou encore à Valenciennes, mais aussi à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. L'accès à l'A6 était également perturbé au sud de Chalon-sur-Saône par la présence de gilets jaunes, selon la préfecture de Saône-et-Loire.

Un camion-benne, roulant dans le sens sud-nord, s'est retrouvé coincé dans un bouchon formé à hauteur d'un rond-point, une centaine de mètres avant le barrage filtrant. Dans plusieurs départements, des échangeurs ont été fermés sur décision préfectorale.

Le mouvement pourrait se poursuivre dans les prochains jours: des appels à "bloquer Paris" samedi commencent par exemple à circuler largement sur les réseaux sociaux.

Le mouvement, lancé sur les réseaux sociaux et qui n'a pas de leader connu, est soutenu par près des trois quarts des Français, selon plusieurs sondages.

Initialement motivée par la récente hausse des taxes sur les carburants - à des fins écologiques selon le gouvernement - cette fronde populaire s'est élargie à une dénonciation plus globale de la politique du gouvernement et de la baisse du pouvoir d'achat.

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