Valsartan : des médicaments dangereux ? Que faire si on en prend ?

Evrard Martin
Novembre 30, 2018

Il s'agissait alors de la NDMA (N-nitrosodiméthylamine), elle aussi reconnue comme probablement cancérigène pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé. Sont concernées les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque, atteintes d'hypertension artérielle, en traitement du post-infarctus du myocarde, pour qui le valsartan est indispensable.

L'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s'alarme et prend des mesures drastiques: après un premier rappel de lots de médicaments à base de valsartan en juin, l'autorité médicale annonce que 400 nouveaux lots ont été retirés du marché français ce 29 novembre, à titre de précaution.

Entre 1,2 et 1,5 million de patients français suivent ce traitement pour le cœur. Deux autres laboratoires chinois, Rundu Pharma et Tianyu Pharm, avaient ensuite été épinglés. Cette décision est justifiée par la découverte d'une impureté potentiellement cancérigène, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine).

Au total, onze laboratoires pharmaceutiques sont concernés par les deux rappels, qui ne touchent cependant pas forcément tous les médicaments à base de valsartan qu'ils produisent: Arrow Génériques, Biogaran, Cristers, EG Labo, Evolupharm, Mylan, Ranbaxy, Sandoz, Teva, Zentiva et Zydus. Une même démarche est lancée dans d'autres pays européens et au niveau international.

Une deuxième substance probablement cancérogène a été détectée dans les médicaments à base de valsartan.

Cette deuxième substance indésirable "a été mise en évidence à la suite des nombreuses investigations entreprises depuis le mois de juillet au niveau européen concernant le valsartan ". Ce sont elles qui fabriquent le principe actif pour le compte de laboratoires qui produisent ensuite le médicament. "Pour l'instant, on ne peut pas répondre à cette question". Des ruptures de stock sont attendues.

"Il existe de nombreuses alternatives thérapeutiques permettant d'assurer une prise en charge optimale des patients actuellement traités par valsartan", a rappelé l'ANSM. Il existe néanmoins des alternatives, "d'autres sartans [une classe de médicaments dont le valsartan est l'une des variantes, ndlr] et d'autres familles d'antihypertenseurs", a ajouté Jean-Michel Race.

"Le risque d'un arrêt brutal de traitement étant important (poussées hypertensives, décompensations cardiaques, accidents neurologiques), les patients ne doivent en aucun cas interrompre leur traitement sans avis médical", insiste l'ANSM, qui a mis en place en juillet un numéro vert d'information (0800 97 14 03). Une autre option devra également être trouvée avec le médecin si les pharmaciens sont en rupture de stocks de médicaments non concernés par le rappel. "Arrêter son traitement quand on est hypertendu est beaucoup plus dangereux que continuer à prendre pendant quelques jours un médicament qui fait partie des lots rappelés", a précisé Jean-Michel Race.

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