Vers une baisse de la production de pétrole

Xavier Trudeau
Novembre 12, 2018

Dans la perspective des sanctions américaines, la Russie et l'Arabie Saoudite avaient amendé en juin leur accord de limitation de la production afin de pouvoir extraire plus de brut et compenser une baisse des exportations iraniennes.

Toute décision officielle concernant une baisse de la production mondiale sera prise lors d'une réunion plénière prévue le 5 décembre à Vienne entre les pays non-Opep et les 14 membres de l'organisation, a encore indiqué le ministre saoudien.

Le lendemain, lors d'une réunion à Abou Dhabi de pays membres de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et non membres du cartel, les grands producteurs de pétrole ont reconnu que l'offre mondiale de brut surpasserait l'an prochain la demande, appelant à l'adoption de "nouvelles stratégies" basées sur des ajustements de la production.

Le ministre saoudien de l'Energie Khaled al-Faleh a annoncé que son pays, le premier exportateur mondial de pétrole (en passe d'être détrôné par les Etats-Unis cette année), allait réduire ses exportations de 500.000 barils par jour (bpj) en décembre.

Riyad avait précédemment augmenté sa production, passant de 9,9 millions de bpj en mai à 10,7 millions bpj en octobre. La Russie s'est elle engagée à s'aligner sur tout nouvel accord permettant de limiter la production.

L'Arabie saoudite, qui a récemment lancé une série de projets pour sortir de son hyperdépendance au pétrole, a grandement souffert financièrement ces dernières années à la suite de l'effondrement des cours en 2014.

"L'analyse technique que nous avons passée en revue hier révèle que nous avons besoin d'une réduction approchant un million de barils par jour pour équilibrer le marché", a déclaré Khaled al-Faleh lundi matin.

Le ministre saoudien a par ailleurs relevé qu'il y avait eu une accumulation des stocks et affirmé que "les 25 (pays) producteurs ne permettraient pas que cela se poursuive".

Mais après l'annonce par Washington d'exemptions à ces sanctions au profit de plusieurs pays clients de l'Iran, les investisseurs craignent désormais une offre excédentaire, ce qui a favorisé la rechute des cours du pétrole. Il estime que les responsables doivent probablement discuter "de la nécessité d'un retour à un respect de l'accord (de Vienne) à 100%". Les États-Unis, dont l'accélération de la production de pétrole de schiste a fait bondir la production globale de brut, n'ont pas fait de déclaration à ce stade.

La récente diminution des prix de pétrole est notamment le résultat d'une demande en baisse de la Chine, le plus grand importateur, qui connaît un ralentissement de sa croissance, a souligné Cailin Birch, analyste à l'Economist Intelligence Unit.

Il s'agit, pour les pays producteurs, de mettre un terme à la baisse quasi-continue du cours du baril depuis le sommet atteint début octobre. La chute est le produit d'une conjonction de facteurs, entre les craintes d'une demande en berne et une hausse de la production mondiale.

Les marchés réagissent bien à cette annonce des pays producteurs lundi matin puisque le baril de Brent européen reprenait 1,62% vers 10h45, à 71,01 dollars tandis que la référence américaine repassait au-dessus de 60 dollars (+0,85% à 60,56 dollars).

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