278 interpellations ce samedi matin à Paris — Gilets jaunes

Claudine Rigal
Décembre 9, 2018

Sur la célèbre avenue, où les magasins sont barricadés derrière des plaques de bois, les forces de l'ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes en direction des manifestants pour les faire reculer; certains d'entre eux répliquant avec des pétards et des projectiles divers. Autour de la place de l'Etoile, quelques manifestants ont par ailleurs tenté de s'en prendre à un hôtel de luxe parisien, avant d'être chassés par les forces de l'ordre.

Si la situation est restée relativement calme durant la première moitié de la journée, elle s'est ensuite tendue à Paris et dans plusieurs villes de province avec des affrontements et des pillages à la faveur de la nuit hivernale et de l'arrivée dans les cortèges des casseurs dénués de toute revendication. Les forces de l'ordre interviennent pour tenter de rétablir la circulation et les choses se passent plutôt calmement. Sur une vidéo, on les voit se placer devant les représentants des forces de l'ordre et crier "Arrêtez!".

Au niveau de la Porte Maillot, des "gilets jaunes" bloquent le périphérique parisien. "On a essayé de s'interposer mais on a été menacé", regrette Laurent, un mécanien de 37 ans.

A proximité des Champs-Elysées, plusieurs boutiques des avenues Marceau et de Friedland ont également été vandalisées.

Un policier fouille la valise d'une jeune femme, à Paris.

Près de 1000 personnes ont été interpellées en France, dont 720 ont été placées en garde à vue selon un dernier bilan du ministère de l'Intérieur.

"Une partie des arrestations ont eu lieu tôt le matin, alors qu'en parallèle, un dispositif de sécurité " exceptionnel " était déployé, avec près de 8 000 policiers et gendarmes (sur 90 000) mobilisés dans la seule capitale, appuyés par 14 " VBRG ", véhicules blindés à roue de la gendarmerie.

13h30 GMT - Les forces de l'ordre en grand nombre repoussent progressivement des manifestants, qui étaient présents sur les Grands boulevards à hauteur des Galeries Lafayette et du Printemps, vers la place de la République.

"Ca part en couilles, c'est n'importe quoi", déplore sa compagne, déçue par ceux qui viennent "juste pour casser" et décrédibilisent le mouvement.

07h09: En région, une interdiction de manifester a été décrétée dans plusieurs points sensibles du Pas-de-Calais, tandis qu'à Montauban, 28 cocktails Molotov et trois bombes artisanales ont été saisis sur un rond-point occupé par des "gilets jaunes". "Macron! Démission!" a aussi été beaucoup scandé.

Depuis la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la " violence " des autorités françaises. Il a affirmé, sans preuves, que des manifestants scandaient " Nous voulons Trump ".

Le premier ministre Edouard Philippe a évoqué un dispositif de sécurité " exceptionnel", et remercié tous ceux " qui ont appelé au calme ".

Plusieurs pays européens ont conseillé la prudence à leurs ressortissants, voire d'éviter Paris ce week-end comme la Belgique. "T'inquiète, on arrive, on est la relève", lui répond-elle.

Deux mille "gilets jaunes" ont défilé à Marseille, 600 à Montpellier, 500 à Nice, où ils ont observé une minute de silence devant le palais de la Méditerranée "pour tous les morts et blessés des manifestations depuis trois semaines". "Hier, M. Castaner a parlé d'une minorité". Jean-Luc Mélenchon, présent à Bordeaux pour la Convention de la France Insoumise, est venu se glisser parmi les manifestants pour le climat aux côtés d'Emmanuel Maurel, ancien membre du Bureau national du PS. L'idée de mener des opérations sur cet axe majeur du réseau francilien été lancée vendredi par l'un des "Gilets jaunes" les plus influents sur les réseaux sociaux, Eric Drouet, qui avait dans un premier temps appelé à entrer à l'Élysée.

Silencieux toute la semaine, Emmanuel Macron ne s'exprimera qu'en " début de semaine prochaine " sur la crise, selon le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

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