Affaire du lait contaminé : de nouvelles révélations accablent Lactalis

Xavier Trudeau
Décembre 3, 2018

"L'ensemble de l'usine Célia de Craon, propriété du groupe Lactalis, était bien contaminée par des salmonelles en décembre 2017, y compris la Tour 2, pourtant signalée depuis quelques mois comme épargnée par la bactérie", déclare l'AFVLCS, l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles. Aussi, tous les produits commercialisés sur le marché depuis pourraient être ainsi contaminés par les salmonelles. La DGS a en effet admis s'être trompée, reconnaissant une "erreur d'interprétation". Jusqu'à cette date, les retraits ne concernaient que les produits fabriqués dans la tour n°1, définitivement condamnée, alors que la tour n°2 a repris sa production cet automne.

La DGS, dont le compte rendu avait incité l'association des familles de victimes de Lactalis (AFVLCS) à demander la fermeture définitive de l'usine et à menacer d'appeler au boycott de tous les produits du géant mondial du lait, a accrédité la version de Lactalis. Ces comptes rendus contestés de réunions hebdomadaires de sécurité sanitaire, organisées sous l'égide de la DGS, faisaient état de "Salmonella mbandaka et Salmonella agona dans des produits fabriqués par la tour n°2 lors d'autocontrôles environnementaux en novembre". Pour rappel, le foyer de la contamination a été détecté dans la tour n°1, fermée depuis.

Dans un communiqué publié le 30 novembre, Lactalis admet que des "autocontrôles dans l'environnement de la tour n°2" se sont avérés "positifs" mais nie qu'ils aient mis en évidence des salmonelles dans les produits fabriqués dans cette tour "avant le déclenchement de la crise début décembre (2017)".

Si des produits issus de la tour n°2 ont effectivement été aussi contaminés, cela remet en cause les arguments avancés par Lactalis pour justifier la réouverture de l'usine de Craon, estime le président de l'association, Quentin Guillemain.

Lactalis dit avoir demandé à la DGS de "rectifier le compte rendu erroné de ses services".

Ces nouvelles révélations vont attiser la colère des associations, d'autant que la reprise de la commercialisation des laits infantiles de Lactalis était mal passée auprès de l'association de consommateurs Foodwatch, qui la jugeait "inacceptable". Pour rappel, l'ONG a porté plainte en février dernier avec plusieurs parents pour exiger la totale transparence dans cette affaire.

Depuis le début de la crise, Lactalis a notamment été accusé d'avoir manqué de transparence et d'avoir tardé à réagir, ne retirant ses produits qu'à la fin 2017, alors que la salmonelle a été détectée en août et novembre de la même année.

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