Affaire Ghosn. Macron demande à Abe que l’alliance Renault-Nissan soit " préservée "

Claudine Rigal
Décembre 3, 2018

A ce rythme-là, Carlos Ghosn ne passera pas Noël en famille.

Si le tribunal de Tokyo y répond favorablement, M. Ghosn restera en garde à vue jusqu'au 10 décembre. Évincé de la présidence de Nissan et de Mitsubishi Motors après ces accusations, qu'il rejette selon la presse nipponne, Carlos Ghosn est toujours PDG du groupe Renault et de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Il a été arrêté le 19 novembre sur des soupçons de dissimulation de revenus.

Affaire Ghosn: quand les Etats s'en mêlent.

Les dirigeants des trois constructeurs cherchent à rassurer sur leur volonté de pérenniser cette alliance, l'arrestation de Carlos Ghosn et son éviction de la tête de Nissan ayant mis au jour des tensions entre le groupe français et son partenaire japonais.

Les enquêteurs craignent que ces fraudes auraient débuté en 2009 et auraient encore été pratiquées l'an dernier.

Les investigations pourraient donc théoriquement être étendues à d'autres années, ou à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien sauveur d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais de la compagnie. Quant à la justice japonaise, elle a essuyé des critiques notamment de la part de la France au sujet de la longueur et des conditions de détention, rapporte europe1.fr.

"Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, ses propres systèmes judiciaires".

"Nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n'est pas nécessaire", a-t-il martelé. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.

A cette date, le puissant patron, qui a été révoqué de Nissan et Mitsubishi Motors mais reste PDG de Renault, pourra être libéré sans charges ou inculpé.

Le président de la République, Emmanuel Macron, doit rencontrer le Premier ministre japonais Shinzo Abe en marge du G20 de Buenos Aires, en Argentine, pour aborder l'épineux dossier Renault-Nissan, a précisé à Reuters une source à l'Elysée.

"Pour le moment, aucune décision n'a été prise quant à la tenue de discussions", a réagi vendredi un porte-parole du gouvernement nippon, Yasutoshi Nishimura.

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