CGT et FO maintiennent leur appel à la grève — Routiers

Xavier Trudeau
Décembre 6, 2018

Alors qu'une nouvelle mobilisation des Gilets jaunes s'annonce ce week-end, malgré les concessions faites par le gouvernement mardi, deux syndicats viennent s'ajouter à la contestation: les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé mardi soir à la grève à partir de dimanche soir 22h et pour une durée indéterminée.

D'autant que le 28 novembre, une décision du Conseil d'Etat, saisi par les organisations patronales, a mis le feu aux poudres, en supprimant la majoration de 25 % et 50 % du paiement des heures supplémentaires pour les salariés de la route.

"Pour le moment, il y aura grève à partir de dimanche soir 22 heures".

"Ni le courrier reçu ce jour de Mme la ministre Elisabeth Borne, ni les explications du conseiller social du ministère, ne nous ont convaincu, bien au contraire!", écrivent les deux syndicats. Elle a donc accéléré son calendrier. "Il manque un engagement formel de la part des employeurs (...), une garantie écrite" sur le maintien de l'indemnisation des heures supplémentaires, a déclaré à la presse Patrice Clos, secrétaire général de FO-Transports, à l'issue de la réunion.

Réfutant les assurances du ministère des Transports, qui répète depuis lundi que l'annulation de ce décret "ne change rien en pratique", la CGT et FO s'étaient dits mardi "persuadés que depuis la décision du Conseil d'État, le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises". Le ministère des Transports a immédiatement réagi: "les deux organisations syndicales concernées prennent un mauvais prétexte pour lancer un appel à une grève qui n'a aucune raison d'être", affirme-t-il dans un communiqué, alors que le gouvernement est englué dans le conflit des gilets jaunes. "Elle était attendue pour des raisons juridiques et avait été parfaitement anticipée par le gouvernement", selon le ministère. Avec ce décret, "nous avions obtenu une sécurisation de la majoration des heures supplémentaires via une inscription dans le Code des transports", a-t-il souligné. "Cela restera donc toujours l'accord de branche qui s'appliquera en la matière, aujourd'hui comme demain". Je l'ai dit et écrit aux organisations syndicales et je suis prête à leur confirmer à nouveau. Le syndicat n'avait alors pas exclu la possibilité d'appeler à la grève.

Le secteur, qui regroupe les chauffeurs routiers, les ambulanciers, les transporteurs de fonds ou les déménageurs, compte quelque 700.000 salariés, selon FO.

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