Espagne : l'extrême droite entre au Parlement régional d'Andalousie, une première depuis Franco

Claudine Rigal
Décembre 4, 2018

Une gifle pour le Premier ministre socialiste. Vox, né en 2013 et opposé à l'immigration illégale et à l'indépendantisme catalan, a dépassé les prévisions des sondages qui le créditaient au mieux de cinq sièges.

L'entrée du parti Vox au Parlement régional andalou rebat les cartes de la scène politique nationale espagnole.

Le Parti socialiste (PSOE), au pouvoir à Madrid et dirigé localement par Susana Diaz, remporte le plus grand nombre de suffrages mais reste loin de la majorité absolue en sièges avec seulement 33 élus sur 109, selon les résultats publiés après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote.

Contrairement à l'extrême droite dans d'autres pays d'Europe, où "l'adversaire est l'Europe ou les immigrés", "en Espagne, l'adversaire est celui qui ne partage pas une idée particulière de l'Espagne, une idée assez franquiste d'une Espagne unitaire", ajoute-t-il. "Les Andalous ont fait l'histoire (.) et se sont débarrassés de 36 ans de régime socialiste", a lancé Santiago Abascal, en célébrant son "triomphe". Il a fait campagne contre l'immigration illégale et pour l'interdiction des partis indépendantistes catalans. Il s'est joint à l'accusation dans le procès des indépendantistes accusés de " rébellion " pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne l'année dernière.

Avant même la publication des premiers résultats, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (ex-FN), avait adressé dans un tweet "ses vives et chaleureuses félicitations" à ses "amis de Vox".

La débâcle du PSOE en Andalousie est un camouflet pour Pedro Sanchez, qui gouverne l'Espagne depuis six mois à peine avec une minorité de 84 sièges sur 350 à la chambre des députés.

Et ce à l'aube d'une année électorale extrêmement chargée en 2019 avec les européennes, les municipales et les régionales le 26 mai, ainsi que de très probables élections législatives dans l'année, Pedro Sanchez dirigeant un gouvernement minoritaire et ne réussissant pas à faire adopter son budget. Mathématiquement, en s'alliant à Vox, les deux partis de droite auraient une majorité de gouvernement avec 59 sièges. Une revitalisation du nationalisme espagnol qui progresse - ce thème ayant aussi profité à Ciudadanos (centre droit), l'autre grand gagnant des élections andalouses avec 21 sièges - et qui inquiète. "Le 'sanchisme' en a pris un coup, maintenant il s'agit de le couler dans les urnes". Aucun parti n'a exclu cette alliance sans précédent.

Quant à la possibilité d'un scénario où Sanchez, le président du gouvernement, convoquerait rapidement des élections anticipées pour tenter de remobiliser les électeurs de gauche, il le ferait avec "la peur de l'extrême droite ", estime de son côté estime Pablo Simon, de l'université madrilène Carlos III.

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