Fin de l'affrètement de l'Aquarius et recherche d'un nouveau navire — SOS Méditerranée

Claudine Rigal
Décembre 8, 2018

L'Aquarius, le navire de secours en mer de Médecins sans frontières et de SOS Méditerranée, ne sauvera plus personne.

MSF et SOS Méditerranée ont annoncé jeudi 6 décembre "mettre un terme" aux activités de l'Aquarius, avoue Frédéric Penard, le directeur des opérations chez SOS Méditerranée.

Il ne le sera bientôt plus.

La semaine dernière enfin, Berne a refusé de lui accorder le pavillon suisse. Récemment, le parquet de Catane avait demandé sa saisie préventive dans le cadre d'une enquête sur le traitement des déchets déchargés par l'Aquarius dans différents ports italiens à la suite de ses opérations de sauvetage.

L'association annonce explorer activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon et étudier sérieusement toutes les propositions d'armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage. "Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer ", a assuré Frédéric Penard. Des accusations "disproportionnées et infondées" pour SOS Méditerranée qui a déploré "dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation contre les ONG de recherche et de sauvetage" ayant pour résultat d'"encore davantage fragiliser les capacités de sauvetage en mer".

Depuis février 2016, l'Aquarius avait pourtant aidé à sauver près de 30 000 personnes en détresse en Méditerranée. A ce titre, il a vu les obstacles se multiplier quand l'Italie, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, a fermé ses ports cet été aux navires humanitaires. Mais fort de son engagement, et soutenue par une partie de la société civile, l'ONG compte dévoiler plus de détails sur sa volonté repartir en mer vendredi, lors d'une conférence de presse. Face à la multiplication des difficultés, le navire a donc dû mettre fin à ses activités, mais tout n'est pas perdu.

L'Aquarius, qui était le dernier navire humanitaire actif en Méditerranée, est bloqué à Marseille depuis la perte de son pavillon panaméen, le 23 septembre, pour non-respect des "procédures juridiques internationales en matière de secours" aux réfugiés. "Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d'humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon", a affirmé Sophie Beau, directrice de SOS Méditerranée France.

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