Gilets Jaunes : Bilan de ce samedi

Xavier Trudeau
Décembre 3, 2018

"Il va falloir à un moment que Macron nous entende sinon ça va être de pire en pire", a déclaré Gaetan Kerr, 52 ans, agriculteur venu de l'Yonne, non loin des Champs-Élysées. Vers 18 h 00, 205 personnes avaient été interpellées à Paris. Les forces de l'ordre ont fait l'objet d'attaques qu'elles ont qualifiées elles-mêmes d'une violence rarement atteinte.

Vers 14 h, les forces de l'ordre avaient procédé à 158 interpellations soit davantage que pendant l'ensemble du précédent rassemblement parisien le 24 novembre, où 103 personnes avaient été arrêtées.

Une semaine après le défilé émaillé de violences sur les Champs-Élysées à Paris, le mouvement des "gilets jaunes" était de retour hier dans la capitale française pour une nouvelle journée de protestation nationale, qui a touché tout le territoire français. Des manifestants se sont également brièvement introduits dans le Palais-Brongniart, ancien siège de la Bourse.

"Nous sommes en train de restaurer l'ordre républicain", a commenté sur la chaîne de télévision BFM TV le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui a relevé que les manifestants violents "s'éclatent (en plusieurs points de la capitale) de manière à rendre plus difficile" le travail des forces de l'ordre et a appelé les manifestants à quitter les rues.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a invité, la veille, "les huit représentants désignés par les 'gilets jaunes'" (mais contestés) à Matignon.

La première journée nationale d'action le 17 novembre avait rassemblé 282.000 personnes, et la deuxième 106.000, dont 8.000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les forces de l'ordre ont alors répliqué par des tirs de lacrymogène. Dans l'Hérault, l'autoroute A9 a été coupée entre Béziers et Sète après l'envahissement des voies dans la matinée et quelque 500 "gilets jaunes" ont défilé dans le centre-ville de Montpellier.

Trois collectifs de banlieue appellent ainsi à se joindre samedi aux gilets jaunes à Paris pour défendre les " quartiers populaires ". Les Champs-Elysées restent accessibles au public.

C'est en haut des Champs-Élysées, sur le rond-point de l'Étoile, que les premiers heurts ont éclaté vers 8 h 45 quand des manifestants ont, selon une source policière, tenté de forcer un barrage.

"Depuis ce matin, au plus fort des manifestations, il y a eu de 500 à 600 manifestants avec une frange de 40 casseurs qui se sont livrés à des exactions et à des dégradations importantes sur le mobilier urbain, avec des incendies", a déclaré à l'AFP Marie Cornet, sous-préfet des Ardennes. Sur l'une d'elles, avenue Mac-Mahon, des poubelles ont été renversées et incendiées.

Peu avant 10 heures, de nouvelles tensions ont été observées au pied de l'Arc de Triomphe, plongé dans un nuage de gaz lacrymogène. Vers 10h20, 24 personnes avaient été interpellées, dont deux au moins pour port d'arme prohibé, selon la préfecture de police. "La volonté affichée et assumée de s'attaquer à nos forces de l'ordre, aux symboles de notre pays, sont une insulte à la République", a estimé Christophe Castaner.

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