Gilets jaunes. L’Exécutif cherche une réponse

Claudine Rigal
Décembre 2, 2018

Le monument a été tagué à l'extérieur, saccagé et pillé à l'intérieur. Parfois applaudi, le président a aussi essuyé les huées d'une foule de plus en plus nombreuse.

À quelques dizaines de mètres de là, pendant que le chef de l'État s'entretenait avec les forces de l'ordre, des "gilets jaunes" contenus par un cordon de sécurité ont exprimé leur mécontentement à coups de "Macron démission" scandés, de sifflets et de Marseillaise chantée.

La commission des lois du Sénat a annoncé de son côté qu'elle entendra "les explications" mardi de Christophe Castaner et son secrétaire d'État Laurent Nuñez "sur les moyens mis en place (...) pour y faire face".

Voitures brûlées, bâtiments incendiés, vitrines brisées: la manifestation des gilets jaunes contre l'érosion du pouvoir d'achat a été entachée samedi de graves violences, surtout à Paris, qui ont entraîné l'interpellation de 412 personnes et provoqué 133 blessés, dont 23 parmi les forces de l'ordre.

Une réunion de crise a débuté dimanche vers 12H45 à l'Élysée, présidée par Emmanuel Macron.

La précédente mobilisation du 24 novembre avait réuni 106.301 personnes selon les chiffres provisoires alors communiqués par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

La préfecture de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, a été incendiée lors d'un rassemblement de "gilets jaunes" qui a dégénéré mais le feu était "circonscrit" samedi soir.

Dimanche, la zone de péage autoroutier de Narbonne sud et un peloton autoroutier de la gendarmerie ont été incendiés. Dans l'immédiat, la réponse de l'exécutif a d'abord été celle de la fermeté.

"Les coupables de ces violences ne veulent pas de changement, ne veulent aucune amélioration, ils veulent le chaos", a affirmé M. Macron. Si Emmanuel Macron poursuit sa lancée, "ça va être de plus en plus compliqué", a-t-il ajouté.

David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, a estimé que devant la gravité de la situation, "décréter l'Etat d'urgence, avec des couvre-feux, pourrait être une possibilité".

À droite, le président des Républicains Laurent Wauquiez a demandé de "rendre la parole aux Français" et réitéré son appel à un référendum sur la politique écologique et fiscale d'Emmanuel Macron.

"Invitée de l'émission " Dimanche en Politique", Marine Le Pen (RN) a en effet réclamé la tenue d'élections anticipées: " Je pense qu'il faut mettre en oeuvre la proportionnelle et qu'il faut dissoudre l'Assemblée nationale, pour qu'il y ait de nouvelles élections à la proportionnelle. "Les débordements sont inacceptables par nature et parce qu'ils salissent une colère légitime et étouffent le mouvement des #giletsjaunes", souligne également le patron du PS, Olivier Faure, alors que l'ancien président François Hollande a dénoncé des violences "inadmissibles, intolérables, inqualifiables ".

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