La langue française en recul dans l'Ontario — Canada

Claudine Rigal
Décembre 4, 2018

Pour signifier leur désaccord, des milliers de francophones s'étaient rassemblés le 1er décembre dans une quarantaine de localité de la province canadienne.

La crise linguistique couve dans l'Ontario: la décision mi-novembre du gouvernement, dirigé par les conservateurs, d'annuler la construction de la première université francophone - officiellement pour des raisons budgétaires - n'est pas sans susciter la colère des populations francophones. " Le premier village gaulois en Amérique du Nord ", revendiquait l'ancienne ministre chargée des affaires francophones Madeleine Meilleur.

La même année des célébrations, l'ancienne première ministre de la province, Kathleen Wynne, avait présenté des excuses aux Franco-Ontariens pour l'époque où, au début du XXe siècle, le français avait été interdit à l'école.

Attendue depuis longtemps par les quelque 600.000 francophones de la province (4% de la population), cette université de 3.000 étudiants devait voir le jour dès 2020 à Toronto, capitale de l'Ontario et métropole économique du Canada.

Pour sa part, le journal francophone de la capitale, Le Droit, barre sa Une du slogan repris par les Franco-Ontariens depuis deux semaines: "Résistance". ", a-t-elle plaidé en solidarité". Elle a en outre assuré que le gouvernement fédéral de Justin Trudeau était disposé à financer à hauteur de 50% ce projet d'université, si la province devait revenir sur sa décision.

Ces Canadiens ne décolèrent pas et appellent à résister.

" La sauvegarde de la langue et de la culture françaises en Ontario ne devrait jamais être remise en question ", a plaidé, en français, le quotidien anglophone Ottawa Citizen le 1 décembre.

Le Citizen rappelle que le Canada doit son existence en grande partie à l'alliance entre deux hommes, John A. Macdonald et George-Étienne Cartier, et que le rôle fondateur des francophones dans la création du pays les différencie des autres minorités de l'Ontario et du Canada.

Avec la mobilisation de samedi, "nous ressentons une vague d'amour des francophones à travers le pays, au Québec, en Acadie, en Ontario, mais aussi venant des amis et alliés des francophones" en dehors du Canada, s'est félicité la ministre.

Le texte, coiffé du titre Les Franco-Ontariens méritent mieux, avance que le gouvernement conservateur de Doug Ford a "commis une erreur en décidant de couper dans les services aux francophones".

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