Le feu vert d'un collège d'experts à son utilisation — Cannabis thérapeutique

Evrard Martin
Décembre 14, 2018

Dans le détail, les situations thérapeutiques jugées pertinentes pour l'usage du cannabis à des fins médicales sont les suivantes: "dans les douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles", "dans certaines formes d'épilepsie sévères et pharmacorésistantes", "dans le cadre des soins de support en oncologie " (cancers), "dans les situations palliatives", "dans la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques".

L'avis de ce comité constitue une première étape en vue de la légalisation du cannabis thérapeutique mais le chemin est encore long avant la mise sur le marché de substances médicales, précise l'ANSM.

Plusieurs pays autorisent le cannabis thérapeutique, comme les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Espagne, Israël, la Suisse, la Norvège, la Turquie ou encore le Canada. En 2014, le Sativex, en a bénéficié mais n'a jamais été commercialisé, faute d'un accord sur son prix, jugé trop élevé. Il ajoute qu'il "souhaite, pour que l'ensemble de ces propositions soient appliquées, qu'une évolution de la législation soit mise en œuvre", tout en considérant, néanmoins, que les risques pour la santé existent. D'autres médicaments, comme le Marinol, sont accessibles uniquement avec une autorisation temporaire nominative. Les patients français qui sont soulagés par le cannabis thérapeutique sont jusqu'à présent contraints de se fournir sur le marché illégal, sans garantie sur la qualité des produits, ou d'aller dans des pays où le cannabis médical est autorisé comme la Suisse. Quoi qu'il en soit, une décision politique devra suivre.

Pour autant, ledit comité estime que ces nouvelles prescriptions doivent être encadrées.

On ne le fumera pas.

. Le CSST demande également la mise en place d'un suivi des patients traités, sous forme d'un registre national "pour assurer une évaluation de son bénéfice/risque", évaluer les effets indésirables et favoriser le recherche.

Le Comité exclut d'emblée "la voie d'administration fumée", c'est-à-dire notamment le joint, compte tenu des risques de la combustion pour la santé, tout aussi cancérigènes que le tabac. D'autres voies d'administration vont être étudiées: sprays, inhalation, gélules, gouttes, suppositoires, huiles, voie sublinguale, patch.

"Il ne faut pas que le cannabis thérapeutique soit accessible seulement aux patients aisés qui peuvent payer la totalité du coût", estime le D Authier.

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