Le gouvernement fait un pas vers les gilets jaunes

Xavier Trudeau
Décembre 5, 2018

La procédure est prévue par la Constitution, mais elle est assez rare, et n'a jamais été mise en œuvre sur un sujet brûlant d'actualité.

Jusqu'à présent opposé à toute suspension, l'exécutif reporte de six mois la hausse de la taxe carbone sur les carburants, celle de l'électricité et du gaz, ne bougerait pas "durant l'hiver" et renonce aussi provisoirement à l'alourdissement des conditions de contrôle technique sur les automobiles, prévu pour janvier 2019.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner figuraient parmi la douzaine d'invités conviés autour d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe. La cote de confiance du chef de l'Etat s'est effondrée à 23% (-6), selon un sondage Ifop-Fiducial.

D'après un conseiller de Matignon, il n'est "pas sûr que l'exécutif ait tout mis sur la table". Quelques cartes, dont une suppression anticipée de la taxe d'habitation, resteraient à jouer.

Après l'annonce par le Premier ministre d'un moratoire de six mois sur la hausse de la fiscalité sur le carburant, les réactions politiques ont afflué.

Pour tenter d'apaiser la colère des "Gilets jaunes", le Premier ministre Édouard Philippe a tranché ce mardi 4 décembre en faveur d'un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants, prévue le 1er janvier.

Le Premier ministre annonce un moratoire sur la hausse des taxes des carburants
"Gilets jaunes": le plan de crise à l'épreuve des députés

Les moins convaincus sont en revanche les proches du Rassemblement national (62 %) et le La France insoumise (63 %), ainsi que les personnes se définissant comme faisant partie des "classes moyennes modestes (65 %)". Benjamin Cauchy, une des figures des "gilets jaunes", a salué une "première étape" dans le moratoire.

Depuis 3 semaines, les gilets jaunes manifestent leur colère contre la hausse du prix de l'essence et du gasoil.

"Ce que nous vivons aujourd'hui, (.) c'est un moment important et primordial au cours d'un quinquennat", a aussi estimé le chef du gouvernement.

"Pour le Parti socialiste (PS), incarné par son premier secrétaire, Olivier Faure, et les présidents des groupes parlementaires Valérie Rabault et Patrick Kanner, "[le moratoire] doit être un préalable à toute discussion". Pas au point cependant de retenir la proposition de son administration de mobiliser un crédit pour indemniser, en plus des assurances, les commerçants victimes de dégradations, comme cela fut fait après les manifestations contre la loi Travail, sous le précédent quinquennat.

Dans l'immédiat, les partis d'opposition continuent de plaider un changement de politique.

Pour répondre plus largement aux revendications, Édouard Philippe a rappelé que le gouvernement prévoyait des consultations dans les mois à venir, et s'est dit ouvert à la discussion pour trouver des solutions différentes dans les grandes villes et à la campagne. "Mais après trois semaines de tensions et de violences, l'heure n'est plus à la demi-mesure". Un autre internaute lui a alors répondu: "et quand on voit ces mesurettes après ces brasiers alors il faut faire quoi pour avoir les vraies mesures?". S'il y a une nouvelle journée de mobilisation samedi, elle doit être déclarée et se faire dans le calme.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL