Le Qatar claque la porte de l'Opep — Production pétrolière

Xavier Trudeau
Décembre 6, 2018

L'émirat est en effet le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié. A en croire le ministre de l'Energie qatari, Saad al-Kaabi, cette décision n'est pas liée à l'embargo infligé par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahrein et l'Egypte en juin 2017.

Mais le groupe va devoir convaincre chacun de ses membres de se plier à sa décision, alors que l'Iran, troisième plus grand producteur de l'OPEP, a déjà demandé une exemption. Il est affaibli de l'intérieur par l'affrontement entre l'Arabie saoudite et l'Iran, en compétition dans tout le Moyen Orient.

L'agence n'a pas précisé si l'émir avait accepté l'invitation et se rendrait en Arabie saoudite. L'annonce de l'accord de samedi entre ces deux pays a été considérée comme le signe que l'Opep et ses alliés parviendraient, à la fin de la semaine, à s'entendre pour restreindre leur production pétrolière.

Quelles conséquences pourrait avoir cette décision sur l'avenir de l'OPEP et sur la tenue des prix du pétrole? Alors que le baril de Brent, la référence internationale du marché, valait encore 86,74 dollars, le 3 octobre dernier, il ne vaut plus, aujourd'hui, que 61 dollars.

Après avoir lâché du lest sur le dossier yéménite, où des concessions saoudiennes ont permis aux belligérants de se retrouver en Suède pour entamer des pourparlers de paix, Ryad tend la main à Doha.

"Les Saoudiens ont fait ce geste car nul n'ignore que le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, cherche la protection des Américains afin qu'ils couvrent ses agissements, qu'il s'agisse de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, en passant par la guerre au Yémen, jusqu'à la campagne de répression en cours dans son pays", décrypte Ali al-Hil. "Nous allons surveiller ensemble la situation sur le marché", a ajouté Vladimir Poutine. Les prix avaient plongé à 45 dollars le baril en janvier 2015, fragilisant l'économie des pétromonarchies.

L'OPEP affaiblie, la Russie hésitante, les Etats-Unis et leur président à la fois pressants et inconstants... De quoi faire chavirer la "taxe flottante", variant selon les prix, que le gouvernement français envisage de mettre en place.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL