Les 6 infos à retenir ce jeudi matin — Gilets jaunes

Xavier Trudeau
Décembre 7, 2018

Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019, le gouvernement a finalement fait un premier pas symbolique face aux manifestants, répondant à leur première revendication: l'annulation de cette hausse. Il m'a dit: "Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait c'est une suspension mais hop, ça reviendra après". "Aucune taxe ne mérite de remettre en cause l'unité nationale, et donc elle est abandonnée", a ajouté le Premier ministre, qui s'était exprimé au Sénat jeudi après-midi. "En ces circonstances, nous appelons à ce qu'aucun acte de violence sur les personnes et sur les biens ne puisse être commis", a dit le chef de file des députés LR Christian Jacob.

A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

L'exécutif s'évertue ce jeudi à convaincre qu'il a entendu la colère des "gilets jaunes", alors que se rapproche le risque d'une nouvelle explosion de violence.

De leur côté, les Républicains tirent à boulets rouges sur Emmanuel Macron et dénoncent son silence. Le président du groupe LR à l'Assemblée Christian Jacob s'adresse à Édouard Philippe: "Vous avez, Monsieur le Premier ministre, avec votre gouvernement, une part de responsabilité". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

Emmanuel Macron avait été élu, en 2017, avec la promesse de "réformer le pays ".

Une humiliation pour Edouard Philippe qui est en première ligne. La déclaration a été approuvée par 358 voix contre 194. Xavier Bertrand, président la région Hauts-de-France, avait déjà proposé de mettre en place cette " prime de pouvoir d'achat " en plus des salaires et du treizième mois quand il existe. "Mais le vrai responsable, il est à l'Élysée, c'est lui qui devra rendre des comptes aux Français". "En étant incapable de répondre au bon moment aux cris de détresse, venus de tous les milieux, de toutes les classes sociales et de tous les territoires, vous avez semé la discorde et la violence", a-t-il accusé. Soit encore plus que le 1er décembre, lorsque Paris avait été le théâtre de scènes d'émeutes et de guérilla urbaine. Un geste fort pour l'exécutif qui semblait pourtant vouloir s'accrocher mordicus à sa trajectoire fiscale en matière de carburants. Les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé pour leur part à la grève à partir de dimanche soir pour une durée indéterminée. "La République est solide et les institutions sont fortes", a-t-il ajouté. Je pense que l'on est assez intelligents, les gilets jaunes.

L'exécutif fait marche arrière et assure qu'il a entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes". Edouard Philippe est plus que jamais fragilisé. Ce mercredi, le texte a été retiré de l'ordre du jour du Conseil des ministres. Les syndicats se réunissent d'ailleurs aujourd'hui. Surtout après les manifestations organisées à Paris par les gilets jaunes, et qui ont donné lieu à de nombreux affrontements.

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