"Pas de collusion" clame Trump après une cascade de révélations — Enquête russe

Claudine Rigal
Décembre 8, 2018

Robert Mueller, le procureur spécial chargé du dossier depuis mai 2017, a remis plusieurs documents à la justice, vendredi 7 décembre, en vue de la condamnation de l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen.

Dans une série de documents judiciaires publiés vendredi, il affirme ainsi qu'un intermédiaire russe a proposé à l'équipe de campagne de Donald Trump une coopération "politique" avec Moscou dès novembre 2015.

Dans son mémo de sept pages, Robert Mueller indique que Michael Cohen a reconnu avoir été en contact en novembre 2015, huit mois avant que Donald Trump ne soit investi comme le candidat du parti républicain, avec un Russe affirmant être "une personne de confiance" du gouvernement.

"Depuis deux ans, depuis que les services de renseignement américains ont rapporté la campagne russe de soutien à Donald Trump, le peuple américain cherche à savoir si la campagne de Trump est entrée en connivence avec ses homologues russes", explique Max Bergmann, spécialiste américain de la Russie, dans The Daily Beast.

Trump a qualifié l'enquête de Mueller de "chasse aux sorcières" et a à plusieurs reprises nié tout acte répréhensible. La responsabilité personnelle de Donald Trump pourrait être engagée dans l'achat du silence de deux maîtresses présumées - Karen McDougal, une playmate du magazine Playboy et Stormy Daniels, actrice pornographique - afin d'éviter un scandale sexuel avant l'élection présidentielle.

Ces derniers développements risquent d'irriter Donald Trump, qui a intensifié ces derniers jours ses attaques contre M. Mueller et l'enquête russe, qu'il ne cesse de qualifier de "chasse aux sorcières". Son avocat Michael Cohen a avancé des milliers de dollars pour les payer et "les remboursements ont été déguisés frauduleusement en frais légaux" de la campagne électorale, écrivent les juristes. Le 29 novembre, il avait reconnu avoir menti au Congrès sur la durée de ces contacts, prétendant qu'ils avaient cessé en janvier 2016 - bien avant que le parti républicain n'investisse Donald Trump comme son candidat à la Maison Blanche en juillet 2016 - alors qu'il a reconnu ensuite qu'ils s'étaient poursuivis jusqu'à l'été 2016.

Mais Donald Trump comme la Maison Blanche ont vite balayé ces nouvelles révélations.

"Pendant la campagne, il y a eu violation de la loi (.) Et maintenant nous avons le président impliqué dans cela", a réagi sur CNN John Garamendi, membre démocrate de la Chambre des représentants, évoquant avec beaucoup de prudence la possibilité d'une procédure de destitution du président, très hypothétique dans la configuration politique actuelle.

Michael Cohen s'était entendu avec le magazine National Enquirer, dirigé par un ami de Donald Trump, pour qu'il achète l'exclusivité de l'histoire de Karen McDougal.

Les services du procureur de New York ont travaillé en concertation avec Robert Mueller qui a obtenu la collaboration de Michael Cohen dans l'enquête russe. Il sera fixé là-dessus mercredi prochain.

Dans cette enquête tentaculaire, Robert Mueller a aussi détaillé vendredi tous les mensonges reprochés à Paul Manafort, l'ex-directeur de campagne de Trump, qui avait pourtant promis de coopérer avec le procureur spécial.

Dans un autre dossier déposé vendredi soir, les procureurs ont soutenu que Paul Manafort leur avait menti au sujet de ses communications avec un représentant russe et des responsables de l'administration Trump, dont certaines ont eu lieu en 2018.

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