Un négationniste en gilet jaune… à la Une de Paris Match

Pierre Vaugeois
Décembre 7, 2018

La couverture est belle.

"De la colère à l'affrontement, récit d'une journée explosive", dit la couverture du dernier numéro de Paris Match, revenant sur les violences du samedi 1er décembre.

Sauf que, l'homme arborant un gilet jaune sur la photo de Une et discutant avec un membre des forces de l'ordre n'est pas un anonyme.

"Les antisémites et les négationnistes jubilent grâce à la visibilité que vous leur offrez ainsi!", s'est désolée la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) sur les réseaux sociaux. Au mois de juin, il a par exemple été condamné à un an de prison suite à une vidéo postée sur Youtube en 2010, intitulée "Les juifs, l'inceste et l'hystérie". Hervé Ryssen a participé, a priori, à toutes les protestations parisiennes ayant eu lieu depuis le 17 novembre dernier, et s'est donc retrouvé sur de nombreux clichés de photographes présents sur les lieux.

"Tout le monde l'avait identifié, sauf Paris Match, apparemment", a condamné pour sa part l'historien de la presse Christian Delporte sur Twitter. D'autres condamnations ont été prononcées en 2016 et 2013.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes appellent désormais au boycott du magazine, tandis qu'Hervé Ryssen, lui, s'est évidemment réjoui d'apparaître ainsi en une du magazine. Il avait notamment expliqué, toujours à Street Press: "J'ai besoin d'exister".

Ce jeudi, le nouveau numéro de "Paris Match" est sorti dans les kiosques. "On ne connaissait pas du tout ce personnage, que nous avons pris pour un Gilet jaune". On a trouvé que cette couverture était représentative puisqu'il était en discussion avec un CRS...

Interpellé sur Twitter, le rédacteur en chef politique de Paris Match, Bruno Jeudy a affirmé qu'un communiqué allait être publié pour répondre aux nombreuses interrogations suscitées par le choix d'une telle photo en Une de l'hebdomadaire. "Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n'étaient pas en mesure de recueillir l'identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants", écrit Olivier Royant, le directeur de la publication.

Tout en rappelant que le magazine du groupe Lagardère combat "sans ambiguïté [.] toutes les formes de racisme et d'antisémitisme", Olivier Royant poursuit: "Cette photographie fortuite révèle néanmoins l'infiltration du mouvement des gilets jaunes par les extrémistes, notamment, de l'ultra-droite. C'est ainsi que cet individu s'est retrouvé en couverture de notre magazine".

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