Une immigrée clandestine affirme travailler pour lui — Donald Trump

Claudine Rigal
Décembre 9, 2018

Dans un article publié ce jeudi par le New York Times, une immigrée clandestine affirme travailler depuis cinq ans dans l'un des golfs appartenant au président américain.

Arrivée illégalement aux Etats-Unis en 1999, Victorina Morales est entrée en 2013 au service de la résidence, qui comprend un parcours de golf, après avoir présenté de faux papiers.

Selon elle, elle a toutefois été recrutée en connaissance de cause puisque sa supérieure a été mise au courant que les papiers dont elle disposait étaient faux.

C'est elle qui a sollicité le New York Times, pour lequel elle a accepté de témoigner à visage découvert, en réaction aux propos du président américain mais aussi aux quolibets racistes d'un supérieur.

Cette femme, qui gagne 13 dollars de l'heure, a déjà fait plusieurs fois le ménage dans la villa que possède le président américain dans la résidence. Les deux femmes expliquent avoir fait cette démarche pour dénoncer les propos très durs de Donald Trump sur les migrants, en particulier ceux venus d'Amérique latine.

Pourtant, durant sa campagne présidentielle de 2016, Donald Trump avait assuré de "ne pas avoir un seul travailleur clandestin" dans ses entreprises. "Quant à la Trump Organization, propriétaire du club de golf, elle se borne à préciser qu'elle applique " une politique très stricte " envers ses " milliers d'employés répartis dans toutes ses propriétés ".

"Nous sommes fatigués des abus, des insultes, de la manière dont [Donald Trump] parle de nous alors qu'il sait que nous l'aidons à gagner de l'argent", a déclaré Victorina Morales au New York Times. "Nous nous mettons en quatre pour satisfaire tous ses besoins et nous devons supporter qu'il nous humilie".

La quinquagénaire assure que l'homme d'affaires l'a traitée avec respect, et que même s'il est exigeant, l'ancien magnat de l'immobilier faisait preuve de politesse et donnait souvent de généreux pourboires.

"Si un employé a produit de faux documents pour contourner la loi ", a-t-elle ajouté, "il sera immédiatement licencié ". Victorina Morales a expliqué qu'elle s'attendait à perdre son emploi dès la publication de l'article.

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