Bruno Le Maire repousse l’idée d’une suppression totale — Taxe d’habitation

Xavier Trudeau
Января 7, 2019

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, s'est dit ouvert à la discussion, lors de l'émission "Le Grand Rendez-vous", organisée par la radio Europe 1, la chaîne CNews et le quotidien Les Échos, dimanche 6 janvier.

"Alors que le Conseil constitutionnel avait prévenu que maintenir la taxe d'habitation pour seulement une partie de la population constituerait une rupture d'égalité devant l'impôt, le porte-parole du gouvernement a estimé qu'" on ne peut pas nous expliquer qu'il faut plus mettre à contribution ceux qui ont plus et quand c'est fait, invoquer l'égalité devant l'impôt ".

"Si nous répondons non à chacune des demandes des Français, que nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice qui s'exprime partout en France, nous ne réussirons pas le débat [national, qui doit commencer en janvier], a estimé Bruno Le Maire". Il a donc ouvert la porte à ce qu'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la disparition totale de la taxe d'habitation d'ici 2020, soit brisée.

Le Maire a affirmé qu'il ne voulait pas de retour en arrière.

Pour les 20% restants des ménages les plus aisés, la suppression de la taxe devrait prendre effet au plus tard en 2021. Les réponses du gouvernement sur le pouvoir d'achat ont été diversement appréciées par les syndicats, mais tous se sont rejoints pour dénoncer, selon eux, une absence de mesures de "justice fiscale". Une décision qui a néanmoins un coût: 8,5 milliards d'euros en plus des 10 milliards d'euros déjà prévus.

Que faire? La possibilité de maintenir la taxe d'habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés " est sur la table ", a indiqué ce lundi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, rejetant l'argument de rupture d'égalité devant l'impôt.

" C'est une question de droit soulevée par le Conseil constitutionnel et ce sera tranché dans le cadre d'un débat au Parlement ", a-t-il conclu.

"À l'approche du "grand débat national" et alors que le mouvement des "gilets jaunes" se poursuit, le ministre de l'Économie et des Finances a rappelé que cette crise avait un coût pour la croissance et l'attractivité de la France". "On n'y comprend plus rien", a assuré sur RTL l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, accusant l'exécutif de "changer d'avis sans arrêt". "Une chose est sûre, c'est que cela a été mal préparé", a ajouté sur Facebook l'ancien député socialiste. "La panique fiscale, c'est quelque chose d'extrêmement dangereux", a-t-il mis en garde.

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