"Creed II", escarmouches de coachs

Pierre Vaugeois
Janvier 12, 2019

Dans "Creed II", Adonis est devenu champion du monde, mais sa légitimité est contestée par un certain Viktor Drago. Un nom que Rocky connaît bien puisqu'il a battu son père Ivan (Dolph Lundgren) plus de trente ans plus tôt, vengeant alors la mort d'Apollo Creed, tombé sous les coups du Russe dans un combat.

Si Sylvester Stallone avait laissé toute liberté à Ryan Coogler pour écrire l'histoire du premier Creed, il a choisi de reprendre le contrôle pour la suite. Tout est tellement cousu de fil blanc que l'on se doutera avant même qu'il commence l'issu du premier combat entre Adonis Creed et Viktor Draco.

On avait probablement peut être trop mis d'espoir en ce Creed II en pensant qu'il serait vraiment la digne suite de Rocky IV. Adonis se tourne alors vers l'entraîneur de son père pour le préparer à ce grand combat... "Je sais que c'est dingue de tout recommencer", s'exclame Jordan dans Creed II. Préférant prendre un boxeur roumain plutôt qu'un véritable acteur, Florian Munteanu se montrera guère convainquant dans les scènes dramatiques.

Rocky Balboa, incarné par Sylvester Stallone est de retour dans Creed 2 avec son jeune poulain joué par Michael B. Jordan. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés: avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu'il n'y a rien de plus important que les valeurs familiales. Il se heurte le plus souvent au silence d'anciens tortionnaires. D'autres y verront une intelligente manière d'apporter davantage de poids à l'arc narratif de Balboa et d'unir passé et présent sous une même bannière étoilée.

Et la nouvelle génération dans tout cela? La seule chose qui a de la valeur à ses yeux, en dehors de sa quête de rédemption, est son fils qui est aussi boxeur. Comme ce fut déjà le cas dès Rocky II et la surenchère ridicule en termes de muscles disproportionnés qui allait de pair avec le culte du corps parfait à partir des années '80, la transformation extérieure prime dans Creed II sur celle de la mentalité compétitive. Cette erreur grossière se solde par un film quelconque, qui contribue au mieux de rares éléments périphériques à un univers immobile depuis sa création ou presque.

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