La Belgique n'accueillera pas de migrants bloqués au large de Malte

Claudine Rigal
Janvier 9, 2019

Selon une source diplomatique européenne, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Irlande, la Roumanie, Malte, le Portugal et l'Italie se sont dits prêts à accueillir une partie des migrants.

L'Espagne s'est aussi déclarée favorable, tout en rappelant qu'elle a déjà accueilli plus de 300 migrants secourus également le 22 décembre par une ONG espagnole, toujours dans les eaux internationales au large de la Libye. Au final, 78 des migrants du premier groupe resteront à Malte, le plus petit pays de l'UE avec 450.000 habitants. Elle rappelle qu'un autre bateau, le See-Eye, avec 17 réfugiés à son bord est aussi dans la même errance depuis le 29 décembre. Les deux bateaux ont été autorisés à entrer dans les eaux territoriales pour se protéger des intempéries de la haute mer mais ne sont pas autorisés à débarquer sur ses côtes.

La fermeture des ports et les mesures d'intimidation prises contre les ONG engagées dans le secours en mer par les pays européens condamnent des personnes en détresse à se noyer en Méditerranée ou à être ramenées en Libye où elles sont exposées à un niveau de violence extrême. Mais redoutant de voir les arrivées de migrants dans ses eaux se multiplier à l'avenir, Malte avait refusé la solution "à court terme" et cherchait une solution "plus complète et globale".

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) section Corse suit aussi de près cette affaire. "Nous voulons simplement que tous respectent les règles internationales que nous n'avons pas créées, nous", a déclaré Joseph Muscat. "Il ne s'agit pas d'un discours contre les ONG, nous voulons simplement que tous suivent les règles", a insisté le premier ministre.

Le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos, s'est réjoui qu'une solution ait été trouvée pour permettre aux migrants de débarquer et a salué le geste de solidarité de Malte et des Etats membres. "Céder aux pressions et aux menaces de l'Europe et des ONG est un signe de faiblesse que les Italiens ne méritent pas", a ajouté le ministre, qui a lancé mardi soir sur Twitter le mot d'ordre #SalviniNonMollare (Salvini tiens bon), parmi les plus partagés depuis en Italie.

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