La psychiatrie réclame "davantage de moyens pour des soins plus humains"

Evrard Martin
Января 25, 2019

"Pour une psychiatrie humaniste": médecins, infirmiers et autres personnels des établissements psychiatriques ont manifesté un peu partout en France ce mardi.

Plusieurs centaines de personnes ont ainsi bravé le froid et la neige pour se réunir place de la République pour ensuite engager une marche citoyenne, pour "alerter la population sur la situation dramatique de la psychiatrie publique et demander au gouvernement davantage de moyens humains pour des soins plus humains".

La mobilisation parisienne s'ajoute à d'autres mouvements sur le territoire: une grève à Rennes et à Amiens, une grève de la faim à Rouen ou encore une occupation du toit des urgences psychiatriques au Havre.

Objectif, "alerter la population de la situation dramatique de la psychiatrie publique".

Si un accord de "sortie de crise" prévoyant l'embauche d'infirmiers et d'aides-soignants a été signé, la semaine dernière, entre la direction de l'hôpital psychiatrique Philippe Pinel à Amiens et les syndicats, en revanche au Havre, les syndicats s'inquiètent du fait que les promesses d'embauche ne sont pas tenues financièrement, et que des patients se retrouvent de nouveau sur des brancards, dans des couloirs, parfois même attachés. "On nous demande de plus en plus de paperasse, de chiffres qui n'ont pas de sens", explique à nos confrères de l'AFP l'une de ses membres, la psychologue Isabelle Basset.

Quand j'ai commencé en psychiatrie il y a 14 ans, je connaissais les patients...

De côté des réponses gouvernementales, la feuille de route sur la santé mentale présentée en juin par la ministre de la santé Agnès Buzyn, tout comme la rallonge de 50 millions d'euros annoncée en décembre, n'ont pour l'instant pas convaincu les professionnels. "Maintenant on n'arrive plus à retenir leur nom de famille". Mais aussi le recours "plus facile au médicament" qu'à la médiation thérapeutique avec par exemple la création d'un potager, qu'on lui a refusé parce qu'"il n'y avait pas de budget". "Les personnels ont l'impression d'être là pour donner des médicaments et faire du gardiennage " dénonce le professeur Antoine Pelissolo.

D'autres rapports

Discuter de cet article