Le gouvernement populiste italien soutient le mouvement — Gilets jaunes

Claudine Rigal
Janvier 8, 2019

Le mouvement des Gilets jaunes en France a été soutenu par le ministre italien du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales, Luigi Di Maio, et par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, mais ce dernier a condamné la violence des dernières manifestations.

Gilets jaunes, ne faiblissez pas!

Les deux chefs politiques du gouvernement populiste italien ont spectaculairement apporté lundi leur soutien aux Gilets jaunes en France, se réjouissant de cette "nouvelle Europe " en train de naître, à quelques mois des élections européennes. "Nous connaissons l'esprit qui vous anime et les raisons qui vous poussent à prendre la rue", abonde le vice-Premier ministre dans un exercice diplomatique inédit: soutenir un mouvement d'opposition à un gouvernement voisin.

Né sur les réseaux sociaux, inclassable sur l'échiquier politique traditionnel et tiraillé de revendications diverses, le mouvement des "gilets jaunes" a parfois été comparé au M5S à ses débuts, même s'il lui manque le leader charismatique et la structure qui ont fait décoller le mouvement italien.

Luigi Di Maio, dont le mouvement issu des "Vaffanculo Day" (journée va te faire foutre) de Beppe Grillo prône une forme de démocratie directe, s'est montré le plus enthousiaste. "Rousseau" est une plate-forme interactive sur internet qui permet à tout inscrit au M5S de participer à l'élaboration des programmes et de propositions de lois, mais aussi au choix des candidats pour les élections locales ou nationales. La maire de Rome, Virgina Raggi avait remporté l'élection municipale en 2016 après avoir été sélectionnée via internet par les militants lors d'une finale entre une dizaine de candidats, tous inconnus du grand public. "C'est un système pensé pour un mouvement horizontal et spontané comme le vôtre et nous serons heureux si vous voulez l'utiliser ", écrit encore Luigi Di Maio".

"Le gouvernement [d'Emmanuel] Macron n'est pas à la hauteur des attentes et certaines politiques mises en oeuvre sont de fait dangereuses, non seulement pour les Français, mais aussi pour l'Europe", a encore estimé le vice-Premier ministre italien.

À l'instar du M5S, il réclame davantage de démocratie directe en revendiquant par exemple l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC). "C'est une dure bataille que nous pouvons mener ensemble", a-t-il conclu.

"Gilets jaunes" et M5s, des mouvements similaires?

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