Le sort de l'accord de divorce entre les mains des députés — Brexit

Claudine Rigal
Janvier 12, 2019

Un groupe de députés opposés au " no deal " a pu réunir une courte majorité de 303 voix contre 296 - dont 20 conservateurs du parti de Mme May - pour exiger que le gouvernement sollicite le feu vert du Parlement s'il veut modifier la fiscalité en cas de Brexit sans accord, ont rapporté plusieurs médias britanniques.

Le quotidien britannique cite trois sources européennes qui disent avoir été approchées par des représentants de Londres chargés de "sonder le terrain" alors que le projet de Brexit négocié par la première ministre Theresa May avec Bruxelles est contesté, tant par l'opposition travailliste que par de nombreux membres de sa majorité conservatrice. Mais d'ores et déjà, l'adoption du texte semble compromise tant il est décrié à la fois par les " Brexiters " et les europhiles, faisant planer la menace d'une sortie brutale de l'UE le 29 mars. En clair, le texte limite la capacité du gouvernement à dépenser de l'argent pour préparer une sortie de l'Union européenne sans accord, à moins d'y avoir été autorisé explicitement par le Parlement. "La Première ministre a dit qu'il y aurait des perturbations dans le scénario d'une absence d'accord, mais c'est pourquoi nous travaillons sur nos préparatifs d'un no deal, pour atténuer ces perturbations", a commenté un porte-parole de Theresa May.

Theresa May a déclaré qu'elle continuait à travailler avec Bruxelles pour obtenir des assurances susceptibles de convaincre les députés du bien-fondé de l'accord de divorce avec Bruxelles, après s'être déjà entretenue avec des dirigeants européens pendant la période de Noël.

Face au risque d'impasse et de sortie sans accord, synonyme de rupture brutale des liens tissés depuis plus de quatre décennies, Londres envisage de retarder la date de sa sortie de l'UE, affirme mardi le "Telegraph".

Faux, selon le gouvernement. "Nous quitterons l'UE le 29 mars de cette année parce que c'est ce que dit l'article 50, c'est ce pour quoi le Parlement a voté, et c'est désormais ce que dit la législation nationale britannique", a ajouté Martin Callanan.

En difficulté sur le plan intérieur, Theresa May a trouvé jeudi un allié en la personne de Shinzo Abe, son homologue japonais, en visite au Royaume-Uni, qui a offert son "soutien total" à l'accord de Brexit.

Une demande d'extension devrait être approuvée à l'unanimité par les Etats membres de l'UE.

"Il est clair que tout le monde a en tête que cette possibilité existe", a indiqué une autre source diplomatique européenne, avertissant toutefois que c'était "une option très hypothétique". Selon la même source, une prolongation serait "strictement limitée à quelques semaines ou à quelques mois" - peut-être seulement jusqu'à fin juin ou début juillet.

" Cela n'a pas été demandé par les autorités britanniques", a précisé de son côté la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau, également interrogée sur l'hypothèse d'un report de la date de départ du Royaume-Uni.

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