Les deux navires de sauvetage de migrants toujours bloqués — Méditerranée

Claudine Rigal
Janvier 9, 2019

Selon Le Monde, les autorités néerlandaises et allemandes se seraient également déclarées disposées à accueillir certains des migrants, mais seulement dans le cadre d'un effort partagé européen. Sur les 249 (migrants) présents à Malte et les 49 à bord du Sea-Watch and Sea-Eye, 220 personnes seront redistribuées dans d'autres pays membres ou rentreront dans leur pays d'origine', a déclaré Joseph Muscat au cours d'une conférence à Malte.

L'Espagne s'est aussi déclarée favorable tout en rappelant qu'elle avait déjà accueilli plus de 300 migrants secourus également le 22 décembre par une ONG espagnole, toujours dans les eaux internationales au large de la Libye.

La situation dans les centres de rétention du petit pays méditerranéen de 450.000 habitants est "tendue" et l'accueil de migrants supplémentaires la "pousserait à la limite", a fait savoir cette source.

L'Italie et Malte ont toutefois confirmé hier qu'elles n'avaient aucune intention d'autoriser ces deux navires à accoster. "Il s'agit de 16 hommes et d'une femme - parmi les hommes, deux n'ont que 17 ans et sont donc encore mineurs", explique-t-elle.

En 2018, le premier pays d'origine des migrants était la Guinée (13 068 personnes), suivi du Maroc (12 745) et du Mali (10 347).

La fermeture des ports et les mesures d'intimidation prises contre les ONG engagées dans le secours en mer par les pays européens condamnent des personnes en détresse à se noyer en Méditerranée ou à être ramenées en Libye où elles sont exposées à un niveau de violence extrême.

Dans le cas concret des 49 migrants, la Commission européenne est en charge de la coordination. Près de la moitié étaient mineurs, et après avoir passé Noël en mer faute de port d'accueil, ils ont finalement tous débarqué dans le sud de l'Espagne.

Plusieurs ONG ont qualifié vendredi sur Twitter l'attitude de blocage de l'Union européenneface à ces migrants de "record de la honte".

"La péninsule ibérique est suivie par la Grèce (32.497), l'Italie (23.371), Malte (1.182) et Chypre (676) ", détaille le document du HCR. Alors que le HCR vient de faire état de 2 262 migrants morts en Méditerranée en 2018, "aucun Etat européen n'a encore accepté de faire entrer ces embarcations dans l'un de ses ports", déplorent les sept ONG.

En comparaison au 3139 décès recensés en 2017, les "morts ou portés disparus" sont 28 % moins nombreux, mais la Méditerranée reste la voie maritime la plus meurtrière pour les migrants et l'agence onusienne appelle les pays européens à "sortir de l'impasse".

Plusieurs villes ont proposé de les accueillir, comme Naples en Italie.

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