L'inflation a fait "perdre" 3,6 milliards d'euros aux détenteurs de Livret A

Xavier Trudeau
Janvier 3, 2019

Alors que l'inflation pour l'année 2018 va se situer probablement dans une fourchette de 1,8 à 1,9 % (en novembre l'Insee faisait état d'une hausse des prix de 1,9 % sur les douze derniers mois), les titulaires de livrets A et de développement durable et solidaire (LDDS) devront se contenter d'une rémunération de 0,75 %. "Cela signifie concrètement que pour ces produits, les particuliers voient la valeur réelle de leur épargne se dégrader ", s'alarme l'association.

Mi-avril, le gouvernement avait décidé de geler pour deux ans le taux du Livret A au niveau historiquement bas de 0,75% avec pour motif officiel de faciliter le financement du logement social (qui subissait la diminution des APL). Il est de 100 euros pour un épargnant qui a 10 000 euros.

"À un niveau collectif, si on additionne les encours du livret A et du LDDS des particuliers, soit 360 milliards d'euros, le manque à gagner pour la collectivité des épargnants sur ce point de rendement en moins est de 3,6 milliards d'euros pour 2018, ce qui est considérable". "Aujourd'hui, les épargnants perdent de l'argent avec le livret A à cause de l'inflation", confirme sur Europe 1 Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle de l'Epargne. "En revanche, on ne peut pas accuser les banques en la matière". Au contexte économique, avec des taux d'intérêt très faibles.

Le livret bancaire également concerné. Qui plaide pour un retour à l'ancienne formule, garantissant un alignement entre l'inflation et la rémunération du placement.

Plus de rendements avec les assurances vie. Reste qu'aujourd'hui, les épargnants ont peu d'alternatives à ce type de placements sûrs. "Avec un taux du Livret A gelé à 0,75%, le rendement sera de plus d'un point inférieur à l'inflation ", souligne la CLCV dans un communiqué".

L'association a d'ailleurs appelé jeudi les autorités à modifier la méthode de calcul du taux du Livret A, estimant que l'accélération de la hausse des prix entraînait une "dévalorisation historique" de l'épargne des ménages. Notamment, le plancher de 0,5% est "insuffisant si on considère que le taux d'inflation est souvent bien supérieur", estime l'association. Un point de taux d'intérêt sur les 360 milliards d'euros placés sur ces livrets, cela se traduit par une perte d'environ 3,6 milliards d'euros de pouvoir d'achat pour les Français.

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