Nouvelle attaque armée au Burkina Faso — Malgré l'état d'urgence

Claudine Rigal
Janvier 6, 2019

Le ministre burkinabè en charge de la Communication, porte-parole du gouvernement, Rémis Dandjinou qui était sur le plateau de la télévision nationale, ce vendredi 4 janvier 2019, a communiqué un nouveau bilan des affrontements dans le Centre-Nord du Burkina.

"Des individus armés non identifiés ont attaqué mardi matin le village de Yirgou et tué six personnes, dont le chef du village ", a déclaré une source sécuritaire sous couvert d'anonymat.

C'est le cas à Yirgou, un village de la commune de Barsalogo dans le centre-nord (plus de 200 kilomètres de Ouagadougou) où 13 personnes ont été tuées dans une attaque et lors des représailles qui ont suivi.

"La communauté peule est soupçonnée par la communauté Mossi, majoritaire au Burkina, d'être en intelligence avec les " terroristes ". "Sept éleveurs peuls ont été lynchés à mort " par ces groupes qui ont également incendié leurs cases, confirme une source sécuritaire, précisant qu'un dispositif de sécurité a été déployé sur les lieux. Ils dénoncent l'assimilation des Peuls, éleveurs nomades présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, aux groupes jihadistes de la région, qu'ont rejoint certains membres de leur communauté. Les jours suivants, " la poursuite des terroristes par les populations a eu pour conséquence des exactions et des pertes en vies humaines au sein de la communauté peule dans différentes localités de cette région", a-t-il ajouté.

Au Mali, l'attaque menée contre un village par des chasseurs traditionnels dozos a fait 37 morts mardi.

Depuis l'apparition il y a trois ans de groupes djihadistes au Burkina Faso, les violences semblent se multiplier entre Peuls et autres ethnies de la région.

Cette attaque intervient alors que le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, a décrété l'état d'urgence dans plusieurs régions du pays, lundi 31 décembre 2018. Les attaques attribuées notamment aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) ont fait plus de 270 morts depuis 2015. Au cours de ces trois dernières années, Ouagadougou a déjà été visée à trois reprises.

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