Psychiatrie: une journée d'action contre le manque de moyens

Evrard Martin
Janvier 22, 2019

Des collectifs de patients et des organisations représentatives de professionnels de santé, appellent à une Journée nationale d'action pour la psychiatrie publique, ce mardi à Paris. En tout cas, c'est sur ce thème que vont se rassembler mardi à 11 heures quelques centaines de personnes à l'appel de plusieurs collectifs, dont certains regroupant des patients, mais aussi à l'appel de l'Union syndicale de la psychiatrie (USP) ainsi que des syndicats SUD et CGT, place de la République à Paris. " Malgré ces promesses, et en dépit des mobilisations nombreuses, où parfois les personnels ont mis leur vie en danger comme au Rouvray (Rouen) avec une grève de la faim, ou avec les " perchés " sur le toit de l'Hôpital du Havre, pour obtenir les moyens de travailler, la situation de la psychiatrie publique ne cesse de se dégrader".

Pour les spécialistes, la situation est dramatique comme l'explique exemple la psychologue Isabelle Basset sur France 3: "On nous demande de plus en plus de paperasse, de chiffres qui n'ont pas de sens". "On veut suffisamment de personnels pour pouvoir écouter les patients et éviter des situations dramatiques où l'on se retrouve contraints de les enfermer, de les contentionner", ajoute Oriane Cayard, infirmière au GHU Paris psychiatrie et neurosciences. "Maintenant on n'arrive plus à retenir leur nom de famille", déplore-t-elle.

Il y a un an, le 26 janvier 2018, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, déclarait: " La psychiatrie ne sera plus le parent pauvre de la médecine, j'en fais une priorité de santé. Au cœur du problème, on trouve souvent un manque de budget avec des conséquences sur les traitements: un ratio trop faible de personnel, une logique "industrielle" qui pousse à faire sortir les patients le plus rapidement possible pour libérer des lits, et le recours au médicament plus souvent préféré à la médiation thérapeutique. Manque de formation et turn-over important des équipes font également partie des griefs, comme les délais d'attente importants pour des consultations ou le manque de places d'hébergement dans les centres médico-sociaux, qui contribuent à l'engorgement des services.

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