Syrie: La coalition dirigée par Washington a commencé à retirer ses troupes

Claudine Rigal
Janvier 12, 2019

Les troupes militaires américaines ont commencé leur retrait de Syrie, le 30 décembre 2018, après l'annonce du président Donald Trump.

"Nous ne retirons pas de troupes à ce stade", a indiqué ce responsable ayant requis l'anonymat, alors que la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis a annoncé vendredi avoir "commencé le processus de retrait organisé de Syrie".

La coalition internationale antijihadiste a été créée en 2014, après la montée fulgurante du groupe Etat islamique en Syrie et sa conquête de larges pans des territoires syrien et irakien.

Elle intervient par des raids aériens contre les jihadistes et avec des forces spéciales au sol appuyant des combattants locaux luttant contre l'EI.

"Par souci de sécurité opérationnelle, nous ne discuterons pas des échéances, des lieux ou des mouvements de troupes", a-t-il ajouté.

Il ne s'agit pour le moment que d'un retrait de matériel, et non de soldats, a noté un responsable du ministère américain de la Défense. Mais, depuis, le gouvernement américain a multiplié les messages pour gommer l'impression initiale de départ précipité donnée par M. Trump.

Le début du retrait coïncide avec une tournée au Moyen-Orient du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a assuré jeudi depuis l'Égypte que le désengagement aura lieu malgré la levée de boucliers qu'il provoque chez de nombreux alliés de Washington. Dimanche dernier, rappelle The Washington Post, son conseiller à la sécurité nationale John Bolton assurait toutefois que les forces américaines ne se retireraient pas tant que Daech n'aurait été complètement vaincu et tant que la Turquie n'aurait pas fourni la garantie de ne pas attaquer les combattants kurdes alliés aux États-Unis.

Les déclarations de M. Bolton avaient été perçues comme un rétropédalage sur le calendrier du retrait, suscitant l'ire de la Turquie qui les a qualifiés d'"inacceptables".

Selon des analystes, l'annonce du retrait américain a déjà des conséquences.

Après avoir autoproclamé en 2014 un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, le groupe EI a subi une série de défaites militaires.

Dans l'est syrien, les jihadistes sont aujourd'hui acculés dans un bastion visé par une offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde dominée par les YPG et appuyée par la coalition.

La guerre en Syrie a éclaté en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie. Le régime de Bachar al-Assad espère également profiter de l'affaiblissement des Kurdes pour réaffirmer sa souveraineté sur le nord du pays. Elle a fait plus de 360.000 morts.

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