Wall Street chute, assommée par le plongeon de 10 % d'Apple — Bourse

Xavier Trudeau
Janvier 5, 2019

La marque à la pomme a aussitôt été sanctionnée, perdant 9,96%, sa pire séance depuis janvier 2013. Paris a lâché 1,66% à 4.611,48 points.

Mercredi soir, après la séance, la firme à la pomme prenait la décision rare d'abaisser sa prévision de chiffre d'affaires trimestriel, son directeur général Tim Cook mettant en cause le ralentissement des ventes d'iPhone en Chine, dont l'économie souffre des incertitudes liées aux tensions commerciales avec les Etats-Unis.

Le Nasdaq a reculé de 3,04%, ou 202 points, à 6 463 points.

Le Standard & Poor's 500, plus large, abandonnait 0,8% à 2.490,07 points, puis vers s'enfonçait de 2,35% à une heure de la clôture, à 2.450 points. L'indice EuroStoxx 50 a laissé 1,29% et le Stoxx 600 0,98%. A Francfort, le Dax a cédé 1,55%.

"En terme de calendrier, c'est la dernière chose que les marchés avaient besoin d'entendre après les différentes nouvelles angoissantes qui se sont succédé lors des deux derniers mois" a affirmé Nate Thooft, de Manulife AM.

Avec cette baisse, la capitalisation d'Apple descend sous les 700 milliards de dollars (614 milliards d'euros) contre environ 714 milliards pour Alphabet, la maison mère de Google.

Début août, Apple avait été la première entreprise à franchir le cap des 1.000 milliards de dollars de valeur boursière, suivi un mois plus tard par Amazon.

Mais jeudi l'ensemble du secteur technologique a été fragilisé par l'annonce d'Apple, Alphabet perdant 2,85 %, Amazon 2,52 % et Facebook 2,90 %. Les fabricants de composants électroniques comme Qualcomm ou Nvidia ont aussi été touchés, tout comme Boeing et Caterpillar, sensibles à la santé de l'économie chinoise. Les entreprises chinoises cotées à Wall Street ont également souffert, Baidu lâchant 4,65%, JD.com 4,33% et Alibaba 4,46%.

"Nous ne pouvons plus recommander Apple".

Nombre d'analystes soulignent depuis quelque temps que la stratégie d'Apple pour ses iPhone - qui pourrait se résumer à toujours plus cher, notamment avec l'arrivée des versions " Plus " et " Max " - s'est avérée la mauvaise dans un marché saturé, où la compétition fait rage de la part de constructeurs offrant des performances similaires mais moins chères.

Le marché obligataire américain, réputé fiable, était également recherché par les courtiers. Le taux d'intérêt sur la dette à dix ans reculait à 2,550% vers 21H45 GMT, contre 2,620% mercredi à la clôture, et celui à 30 ans à 2,904%, contre 2,952%.

Loin d'arranger les choses, l'activité dans le secteur manufacturier américain a progressé moins que prévu en décembre, décevant les attentes des analystes et accélérant la chute des indices dès le début de séance. "Les deux informations alimentent l'anxiété des investisseurs sur un essoufflement de la croissance mondiale", a affirmé M. Thooft.

Ainsi au dernier trimestre de son exercice clos en septembre, Apple avait vendu pour 37,2 milliards de dollars d'iPhone pour un chiffre d'affaires global de 62,9 milliards.

La compagnie aérienne américaine Delta (-8,94%) a quant à elle prévenu que son chiffre d'affaires serait un peu moins élevé que prévu initialement au quatrième trimestre, entraînant l'ensemble de ses homologues: American Airlines a abandonné 7,45% et United Continental, maison mère de United Airlines, 4,97%.

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