GB: Honda va fermer son usine de Swindon, 3.500 emplois menacés (député)

Xavier Trudeau
Février 21, 2019

"C'est une décision terrible pour Swindon et le Royaume-Uni", a réagi le ministre britannique des Entreprises Greg Clarg dans une déclaration publiée peu après.

Selon Sky News, le géant automobile Honda s'apprête à fermer son usine de Swindon, au sud-ouest du pays.

"Nous ne songeons pas du tout à quitter l'Europe, mais au contraire à y renforcer notre marque en ayant une structure de production plus adaptée", ajoute le directeur général de Honda, Takahiro Hachigo. Elle concerne la production de la 10 génération de Honda Civic, dont elle produit, d'après les informations de son site Internet, quelque 150 000 unités par an, exportées dans plus de 70 pays dans le monde.

Selon lui, le groupe japonais va concentrer ses investissements en Chine, au Etats-Unis et au Japon.

Malgré les dénégations des dirigeants du constructeur japonais, les syndicats, les habitants, et même certains analystes pensent que la décision de Honda est plutôt motivée par la sortie prochainement du Royaume Uni de l'Union européenne. Au début du mois de février, un autre constructeur japonais, Nissan, avait annoncé qu'il renonçait à produire le crossover X-Trail dans son usine anglaise à Sunderland, au profit d'une production finalement japonaise. Le secteur de l'automobile au Royaume-Uni est aussi malmené par de nombreux défis, avec la désaffection du diesel face à une réglementation plus dure, ou encore le ralentissement du marché chinois. Alors, l'annonce de sa fermeture à l'horizon 2021, avec 3 500 suppressions d'emplois, est accueillie comme un coup de massue par les salariés et la population. Et l'américain Ford va supprimer plus de 1000 emplois dans le pays dans le cadre d'une vaste restructuration de ses activités en Europe. Les ouvriers de l'usine britannique Honda ont fabriqué les dernières voitures vendredi avant une fermeture de quatre mois provoquée par la forte baisse des ventes mondiales. était.

La nouvelle est forcément mauvaise pour la première ministre Theresa May, qui se bat pour rassurer les entreprises alors que la perspective d'un Brexit sans accord se rapproche.

"Il est primordial que les entreprises qui se livrent à des échanges commerciaux avec le Royaume-Uni maîtrisent les règles douanières qui deviendront immédiatement applicables en cas d'absence d'accord".

Si le Royaume-Uni devait sortir de l'UE sans accord, le plus grand flou entourerait la suite des relations commerciales avec les pays européens, qui représentent donc, ainsi que l'a rappelé Clark, les deux tiers du commerce britannique. Il ne subsistera donc plus, à cette échéance, d'outil industriel de la marque sur le Vieux Continent.

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