"Le monde a besoin de nous" — Huawei

Xavier Trudeau
Février 19, 2019

Face aux menaces, le fondateur et PDG de Huawei monte d'un ton.

Ren Zhengfei, le fondateur et président de Huawei, a récemment accordé un entretien à la BBC.

Suggérant que les États-Unis utilisent le prétexte de risques d'espionnage pour tuer la concurrence dans les télécoms, sachant que Huawei est numéro un mondial du secteur, Ren Zhengfei a déclaré: "Les États-Unis ne pourront daucune manière nous écraser (...) Le monde ne peut pas se passer de nous, car nous sommes plus avancés ". Ren Zhengfei est aussi revenu sur l'arrestation de sa fille (et directrice financière de Huawei) au Canada, sur la demande des États-Unis. Libérée sous caution avec obligation de rester au Canada, elle a été inculpée notamment pour fraude bancaire et électronique visant à contourner les sanctions contre l'Iran et fait l'objet d'une procédure d'extradition vers les États-Unis.

Celle-ci est soupçonnée dans certains pays d'avoir des liens potentiels avec les services de renseignements chinois. Le dirigeant en profite également pour réaffirmer que son groupe en sortira grandi.

Au Royaume-Uni, le premier opérateur mobile, BT, a annoncé qu'il retirait des équipements Huawei des réseaux 3G et 4G, déjà en service, assurant toutefois que le groupe chinois restait un fournisseur important par ailleurs. "Cela prouve (que cet accès) n'existe pas", a-t-il martelé.

L'année dernière, plusieurs pays, dont l'Australie et les États-Unis, ont interdit à la firme chinoise de participer au déploiement de la 5G. " Nous croyons en ce marché et nous espérons que le Royaume-Uni croit en nous, confie Ren Zhengfei". "L'Amérique ne représente pas le monde ".

"Même s'ils arrivent à convaincre davantage de pays de ne pas nous utiliser temporairement, nous pouvons toujours réduire nos effectifs et devenir plus petits".

Le service de renseignement britannique pour la cybersécurité (NCSC) a ainsi estimé possible de limiter les risques liés à l'utilisation dans la 5G d'équipements de Huawei, a indiqué lundi le Financial Times.

Il ne s'agit que de rumeurs, le National Cyber Security Center pourrait un jour revenir sur cette décision.

En Nouvelle-Zélande, l'opérateur télécoms Spark discute actuellement avec les autorités pour tenter d'apaiser leurs craintes concernant l'usage d'équipements Huawei pour développer le réseau 5G national, a indiqué mardi la Première ministre Jacinda Ardern. Mais Mme Ardern a précisé mardi que Huawei n'avait "jamais " été définitivement écarté du déploiement du réseau 5G.

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