Santé: La liste noire des 93 médicaments déclarés dangereux

Evrard Martin
Février 1, 2019

De nouveaux venus comme le Décontractyl font leur entrée dans cette liste noire ainsi que plusieurs produits contre la toux. La pommade peut elle exposer à des atteintes cutanées graves, selon la revue.

Six nouveaux médicaments ont été placés dans la case "à écarter" par la revue Prescrire, qui a dévoilé jeudi sa liste noire, actualisée chaque année avec des comprimés vendus avec ou sans ordonnance et qui s'avèreraient donc être "plus dangereux qu'utiles".

Dans cette liste 2019, les médicaments incriminés concernent le traitement de maladies vastes, des plus graves aux bénignes: cancer, diabète, arthrose, allergies, maladie de peau, d'Alzheimer, sexualité, toux ou arrêt du tabac.

Pour savoir votre médicament est mis en cause, "Prescrire" classe les 93 médicaments selon 12 classes thérapeutiques: cancérologie-hématologie, cardiologie, dermatologie-allergologie, diabétologie-nutrition, douleur-rhumatologie, gastro-entérologie, infectiologie, neurologie, gynécologie, endocrinologie, pneumologie-ORL, psychiatrie-dépendances. "La cimétidine expose à des interactions indésirables avec de très nombreux médicaments contrairement à d'autres produits de la même famille des anti-H2 (" antihistaminiques H2 ").

"Prescrire" rappelle que des médicaments contre le rhume comme les vasoconstricteurs décongestionnant par voies orale ou nasale (l'éphédrine, la naphazoline, l'oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine qui est contenue dans une dizaine de médicaments et le tuaminoheptane) exposent à un risque de troubles cardio-vasculaires graves, voire mortels (poussées d'hypertension, AVC, troubles du rythme cardiaque).

Fin 2017, les autorités sanitaires ont interdit la publicité grand public pour ces vasoconstricteurs, relève Bruno Toussaint, directeur éditorial de Prescrire. " C'est un petit pas qui montre que les autorités reconnaissent que ces produits posent problème, mais sans les retirer du marché", ajoute-t-il. Une liste établie sur la base des analyses publiées dans la revue durant neuf ans, de 2010 à 2018. L'Agence nationale de sécurité du médicament n'a pas souhaité commenter cette liste, mais affirme surveiller de près certains des produits mentionnés.

Deux médicaments en vente libre, dont les effets indésirables sont sous-évalués et peuvent faire courir un risque au malade, ont également été épinglés: il s'agit du Décontractyl (en cachets ou en pommade) et du Toplexil (et ses génériques comme l'Humex, à base d'oxomémazine). 6 médicaments ont été ajoutés: la méphénésine (Décontractyl°, Décontractyl baume°); l'oxomémazine (Toplexil° ou autre); le trinitrate de glycéryle en application locale (Rectogesic°); l'acide obéticholique (Ocaliva°); la cimétidine (Cimétidine Mylan° ou autre); l'ulipristal à 5 mg (Esmya°).

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