Alerte sur le temps de sommeil des Français

Evrard Martin
Mars 13, 2019

Mais le manque de sommeil n'a pas uniquement des conséquences sur la santé.

Pour la première fois, les Français dorment moins de 7 heures par nuit, qui est pourtant le seuil recommandé pour bien récupérer.

En moyenne, les 18-75 ans dorment 6 h 45 chaque nuit, selon le BEH publié en amont des Journées du sommeil (2). Un déclin qui se fait au détriment de leur santé. C'est ce que rapporte Santé Publique France dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), publié ce mardi 12 mars 2019, alors que les journées mondiales et françaises du sommeil se dérouleront les 15 et 22 de ce mois. "Pour la première fois depuis que le sommeil est observé sur le plan épidémiologique en France, le temps de sommeil moyen nocturne est inférieur à sept heures", écrivent ces spécialistes. Il apparaît que celui-ci n'atteint que 6h34 en semaine et lors des périodes de travail, alors qu'il est de 7h12 le week-end et pendant les vacances.

" 35,9 % des Français dorment moins de six heures". Le prix du logement des mégapoles nous oblige à vivre de plus en plus loin de notre lieu de travail; de même "pour les habitants des zones rurales de plus en plus éloignés des centres de vie active et qui conduisent entre deux et trois heures par jour, rentrant de plus en plus tard, partant de plus en plus tôt et grignotant sur leur temps de sommeil". Selon la même étude, plus d'un quart des Français parviennent toutefois à faire la sieste pour compenser cette dette. Sans oublier une réduction de la vigilance dans la journée, l'augmentation de l'irritabilité, une perturbation des relations familiales et une incidence sur la qualité du travail, alerte Santé Publique France. ", les personnes interrogées répondent en moyenne que leur temps de sommeil idéal est de 7 h 14, soit moins que ce qu'ils dorment effectivement".

Les écrans utilisés le soir retardent également l'endormissement
Les écrans utilisés le soir retardent également l'endormissement

Outre l'insomnie chronique, qui touche 13,1 % des 18-75 ans (16,9 % des femmes et 9,1 % des hommes), l'une des principales causes de ce déclin " préoccupant " du temps de sommeil est le travail de nuit. En France, le nombre de travailleurs nocturnes habituels et occasionnels est passé de 3,3 millions, soit 15% des actifs, en 1990, à 4,3 millions (16,3% des actifs) en 2013.

Le manque de sommeil est-il le nouveau mal du siècle? "Déjà nettement plus sujets à l'insomnie, les fumeurs quotidiens, qu'ils soient peu ou fortement dépendants, sont fréquemment courts dormeurs (sommeil inférieur ou égal à 6h par 24h) ", note l'étude. Sans compter que le travail de nuit n'est pas anodin pour la santé.

Quand on ne souffre pas d'insomnie, on peut aussi constituer des "réserves" pour affronter des périodes de restrictions (travail, examen, voyage). Enfin, le travail de nuit a également été pointé du doigt: il permettrait en effet le développement de maladies cardiovasculaires, d'accidents, de risques lors de la grossesse et de cancer du sein.

Dans le BEH, les spécialistes avancent plusieurs solutions pour "redonner sa chance au sommeil", en soulignant que ce "déclin n'est pas une fatalité".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL