Attaque d'un village Peul au Mali : le bilan passe à 137 morts

Claudine Rigal
Mars 25, 2019

Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les terroristes, par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement.

Cette tuerie est la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l'opération lancée en 2013, à l'initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. Le chef d'état-major général de l'Armée, Mbemba Moussa Keïta, et le chef d'état-major de l'armée de terre, Abdrahamane Baby Baby, ont été limogés et remplacés, respectivement, par le général Abdoulaye Coulibaly, et le colonel-major Kéba Sangaré.

Selon des sources concordantes, le dernier bilan fait état de plus de 100 morts.

Depuis quatre ans, le groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa recrute, dans le centre du pays, prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs.

Une délégation de plusieurs ministres, dont ceux de la Justice et de la Santé, et des responsables militaires, est arrivée en fin de matinée à Ogossagou-Peul, théâtre du massacre, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, selon un élu local. Cette lâche attaque a fait plus de cent morts parmi les populations civiles.

L'association de défense des droits des populations pastorales Kisal a annonce un bilan de "134 morts dont des femmes, enfants, vieillards, adultes et adolescents", dimanche sur sa page Facebook.

Le 17 mars, des djihadistes présumés avaient attaqué et brièvement occupé une base de l'armée malienne située dans la localité de Dioura, dans la région de Mopti, au centre du pays.

Selon deux témoins interrogés séparément, "presque toutes les cases du village ont été brûlées par les chasseurs traditionnels".

Après un Conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement malien a annoncé la dissolution d'un groupe de chasseurs dogons et de chefs de l'armée malienne après le massacre commis au sein d'un village peul. Et des habitants des environs demandaient à être évacués, par crainte de nouvelles attaques. De son côté, la coalition des groupes pro-gouvernementaux également impliqués dans l'accord de paix, a condamné ce "crime de masse", exigeant "une commission d'enquête indépendante".

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