Ces gynécologues qui menacent de faire "grève des IVG" indignent les internautes

Evrard Martin
Mars 17, 2019

Le Syngof menace d'appeler ses membres à ne plus pratiquer l'IVG. La raison? Le fait que le fonds de garantie assurantiel ne couvre pas les frais des condamnations pour sinistres graves déclarés entre 2002 et 2012.

Mardi 12 mars, le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof) est passé aux menaces. Le syndicat a soumis un amendement au projet de loi Santé, la réforme du système de santé français dans sa globalité, présentée le 13 février 2019 en Conseil des ministres et actuellement en discussion à l'Assemblée nationale. Des courriers ont par ailleurs été envoyés à l'Ordre des médecins pour lui demander de sévir.

Le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof) a brandi la menace d'une grève des interruptions volontaires de grossesse (IVG), un message jugé "inadmissible" hier par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui a "condamné" une "prise en otage des femmes". Pour que leur mécontentement soit entendu, la militante féministe Anaïs Leleu a mis en ligne un formulaire, qui permet d'envoyer à l'Ordre des médecins un mail type exigeant "les sanctions qui s'imposent contre le Dr Marty, mais aussi le président du Syngof (.) et Elisabeth Paganelli, secrétaire générale du syndicat". Et " alors que le ministère nous avait promis de régler le problème avec la loi de santé, il nous a annoncé que celui-ci serait traité à la fin de l'année", précise-t-il.

Aucun! A part que " l'IVG fait partie de notre métier. " C'est une provocation très claire pour réveiller tout le monde sur cet aspect de responsabilité alors que ça n'intéressait personne".

"L'Ordre des médecins a également " fermement " condamné la menace d'appel à la grève des avortements, la jugeant " totalement contraire à la déontologie médicale " et estimant qu'un passage à l'acte aurait des " conséquences potentiellement dramatiques ".

Si ces menaces dérangent beaucoup, c'est que ce n'est pas la première fois que le syndicat, en particulier son président, se montre contre l'IVG. "En aucun cas une telle prise en otage des femmes ne peut servir de levier de négociation ou de médiatisation", a répondu dans un communiqué Agnès Buzyn, la ministre de la Santé.

Le Syngof est-il prêt à mettre la menace à exécution?

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