Delevoye 'surpris' par les propos de Buzyn sur la retraite

Evrard Martin
Mars 18, 2019

"Ce que j'ai dit, c'est que j'ai vu ces propositions remonter du Grand débat".

À cause du poids des retraites sur les actifs et de l'allongement de la durée de vie, Agnès Buzyn a assuré dimanche 17 mars ne pas être " hostile " à un accroissement de la durée de travail et donc à un recul de l'âge du départ en retraite. Cette dernière a bien confirmé hier, invitée du Grand Jury RTL-Le Figaro qu'elle ne serait pas présente sur la liste de la majorité. Le texte relatif à "l'organisation et à la transformation du système de santé" traduit une partie des mesures du plan "Ma Santé 2 022", détaillées en septembre par Emmanuel Macron, et entend notamment répondre au vieillissement de la population, à l'augmentation des maladies chroniques, ou encore tenir compte des évolutions technologiques.

"La question de l'âge du départ à la retraite est sans arrêt sur la table, à gauche comme à droite".

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye s'est dit "très surpris" par la prise de position de la ministre des Solidarités en faveur d'un report de l'âge de départ, et souligne que le débat doit avoir lieu "en toute transparence".

Emmanuel Macron avait promis, durant la campagne présidentielle, de ne pas toucher à ce paramètre. " Je pense qu'un jour, nous serons obligés de travailler plus longtemps sinon notre système de retraite ne pourra pas tenir ", a-t-elle expliqué. Jean-Carles Grelier (député LR) déplore ainsi cité par L'Opinion que les sujets réservés aux ordonnances (hôpitaux de proximité, modernisation des statuts des emplois médicaux à l'hôpital, cadre juridique des communautés professionnelles territoriales de santé...) qui "concernent directement les Français " soient "soustraits du débat parlementaire". "Les masques tombent un peu plus sur les retraites", réagit Yves Veyrier, le secrétaire général de Force Ouvrière qui appelle que l'âge moyen du départ à la retraite (hors départ anticipé) est aujourd'hui de 63,3 ans. Si sur ce point, Agnès Buzyn, dans une interview au Quotidien du médecin, se veut positive en affirmant qu'il n'y aura pas d'achoppement des discussions, les syndicats sont plus sombres.

Ces propos, tenus "à titre personnel", s'inscrivent dans la ligne des déclarations d'Edouard Philippe vendredi sur Europe 1. Arrêter le "numerus clausus", c'est en finir avec un "gâchis" qui "conduit à l'échec d'excellents lycéens", a renchéri la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

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