Des hommes portent plainte pour dénoncer les effets secondaires d’un médicament — Calvitie

Evrard Martin
Mars 12, 2019

Le Propecia, un médicament contre la calvitie qui contient du finastéride, provoque des baisses de libido, des problèmes d'érection ou encore des idées suicidaires. Il bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché européen, et, pour l'heure, l'Union européenne considère que ce médicament a une balance bénéfice-risque favorable, y compris dans le traitement de la calvitie.

Il est toujours sur le marché malgré des effets secondaires avérés et dangereux pour la santé. Une dizaine de victimes lancent une procédure judiciaire contre lui, d'après des informations révélées ce lundi 11 mars par Europe 1. D'après l'UFC, il a d'abord été utilisé dans le traitement de l'hypertrophie bénigne de la prostate, avant d'être proposé, dès 1999, chez l'homme jeune pour traiter la calvitie. Ils estiment que les effets secondaires (sérieux) ne seraient pas assez mis en exergue.

Des hommes ont décidé de saisir la justice pour dénoncer un "défaut d'information" d'un traitement pour lutter contre la perte de cheveux. Ils pointent également du doigt le manque d'informations, de nombreux hommes ne feraient pas le lien entre leurs problèmes et la prise de Propecia. C'est donc au niveau de l'Europe, et non de la France, que se fait chaque année la réévaluation du fameux équilibre bénéfices-risques.

MSD souligne enfin qu'une lettre d'information aux professionnels de santé a été diffusée en février "pour leur rappeler que des cas de troubles de la fonction sexuelle et de troubles psychiatriques ont été rapportés".

L'Agence nationale du médicament (Ansm) a pourtant alerté en 2012 puis en 2017 sur les éventuels effets indésirables graves du Propecia.

Ils considèrent également que MSD a tardé à alerter sur ces effets secondaires, notamment leur caractère irréversible. "Et c'est ce que nous démontrerons devant le juge".

Pour Charles Joseph-Oudin, qui regroupe depuis plus d'un an une dizaine de victimes, ce n'est pas suffisant. "C'est ce qui doit appeler de leur part une indemnisation". Alors que la première audience de cette procédure judiciaire doit avoir lieu au mois d'avril, au tribunal de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, l'avocat a confié avoir déjà en sa possession 70 autres dossiers en cours d'élaboration.

Le Propecia est actuellement prescrit à environ 30 000 hommes en France.

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